Rob Amyot/TC Media Plus de 150 sinistrés des inondations historiques du printemps, exaspérés par les délais dans les indemnisations, se sont rassemblés à la Place Grilli, à Kirkland.

Plus de 150 personnes se sont réunies à Kirkland devant les bureaux du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, dimanche matin pour dénoncer la lenteur du processus d’évaluation et d’indemnisation à la suite des inondations historiques du printemps.

Rassemblés dans le stationnement de la Place Grilli, les manifestants portaient des pancartes dont certaines arboraient l’image d’un escargot pour railler le gouvernement du Québec. D’autres portaient des informations ou des slogans en anglais comme «Our government is uncaring, unprepared, incompetent» (Notre gouvernement est indifférent, pas préparé et incompétent).

Résidents de Pierrefonds, Noel et Bernita Gonzales s’inquiètent à l’approche de l’hiver de voir les tuyaux bientôt exposés au froid, sans fenêtres ou d’isolation dans leur sous-sol, qui doit être refait au complet.

«On a demandé de l’aide du gouvernement et c’est tellement long à venir. On espère toujours qu’ils nous écouteront toutefois. D’être ici, ce matin, est la seule chose que nous pouvons faire en ce moment. On a élu ces gens et ils doivent agir maintenant pour servir la population», fait valoir M. Gonzales.

L’évaluation des dommages n’a été faite qu’il y a deux semaines. Il leur faudra attendre encore une autre avant d’obtenir un permis. «Pourquoi nous faut-il attendre si longtemps», s’interroge Mme Gonzales.

Confusion
De nombreux sinistrés se plaignent en outre du manque de coordination entre Québec et les municipalités pour ce qui est de l’information qui leur est transmise depuis le printemps.

«Au début, on s’est fait dire d’attendre. Puis, le ministère de la Sécurité publique nous a dit qu’on pouvait faire des travaux d’urgence. J’avais des fissures et des fenêtres brisées. Québec m’a dit que je n’avais pas besoin de permis, mais la Ville m’indique que j’en ai besoin d’un pour l’isolation et refaire les fenêtres. On ne sait plus quoi faire», raconte une résidente de la rue Paquin à L’Île-Bizard, Geneviève Delisle.

Elle a finalement pu effectuer ses travaux, d’une valeur de 28 000 $. Le maire de L’Île-Bizard – Sainte-Geneviève, Normand Marinacci, est venu offrir son soutien moral aux sinistrés rassemblés.

«D’une certaine façon, on est à la remorque de la bureaucratie du gouvernement. Je comprends la situation des citoyens. Je comprends aussi qu’il y a eu beaucoup de demandes, mais quand même, les délais s’étirent», soutient-il.

Québec a décrété cet été qu’une maison située en zone inondable 0-20 ans ne peut être reconstruite si la valeur des réparations surpasse 50 % de la valeur de la maison.

Pour établir ce seuil, la valeur de reconstruction à neuf est utilisée plutôt que celle inscrite au dernier rôle d’évaluation foncière, ce qui frustre également plusieurs sinistrés.

Améliorer les processus
Rejoint par TC Media, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, aussi député de Nelligan qui couvre les secteurs touchés, s’est dit extrêmement sensible au sort des sinistrés.

«J’avais bien dit qu’on n’allait laisser tomber personne et ça reste le fil conducteur de tout ce que je fais. Il se trouve qu’on a devant nous plusieurs milliers de cas et non pas quelques douzaines comme ce à quoi nos équipes étaient habituées. On est déjà en train d’améliorer ce processus», fait-il valoir.

M. Coiteux indique par ailleurs qu’il faudra attendre un bilan de la crise des inondations avant de pouvoir vraiment affiner la collaboration plus étroite entre Québec et les municipalités.

«Tout n’est pas parfait. Je sais déjà qu’il faut qu’on travaille plus sur la communication et sur l’accompagnement direct des sinistrés. Il faut qu’on ait le même message», ajoute-t-il.

Quelque 278 municipalités ont été touchées à travers la province par les inondations d’avril et mai. Près de 4000 citoyens ont été évacués alors que 5300 résidences ont été inondées.

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