François Lemieux/TC Media Le nouveau retraité Anthony James McDermott, qui aura 87 ans en janvier, avait 22 ans lorsqu'il a servi son premier client, en septembre 1953.

Bien des choses ont changé depuis le 1er septembre 1953, date à laquelle Anthony James McDermott a ouvert la pharmacie qui porte son nom dans le village Valois de Pointe-Claire. Dans quelques mois, il dira au revoir à 65 ans de carrière au service d’une clientèle, qui au fil du temps, est presque devenue une deuxième famille.

«Ça a été un plaisir de les rencontrer jour après jour. J’ai vu une première génération, puis une deuxième et une troisième. Je sers maintenant les petits-enfants de mes premiers clients», raconte M. McDermott.

Son choix de carrière est principalement dû à son père. «On était trois frères à la maison. Mon père m’a dit « toi, tu vas devenir pharmacien ». Un de mes frères est devenu pharmacien aussi. Mon père étant décédé, le troisième de la famille est devenu comptable», évoque-t-il.

En 1953, avec 10 000 $ emprunté à son père après avoir obtenu son diplôme de l’Université de Montréal, M. McDermott achète un local sur l’avenue Donegani. Il en a sous-loué une partie pour créer un «soda bar», le Luncheonette McDermott, où les banquettes côtoyaient son kiosque.

«C’était le style américain. C’était courant dans ce temps-là», se rappelle l’homme qui aura 87 ans en janvier.
Le commerce comporte maintenant une clinique médicale attenante, ouverte en 1978. Neuf médecins, dont quatre spécialistes, y pratiquent.

Apprenti
M. McDermott se rappelle avec amusement ses débuts, alors qu’il devait concocter la plupart des remèdes.

«C’était rare qu’on les achetait déjà préparés. Les dimanches, les apprentis faisaient les mélanges pour l’estomac, la gastrite et l’acné. On faisait aussi des pilules, suppositoires, potions. Le patron vérifiait ça le lundi matin. Si c’était correct, on les vendait. On n’a jamais empoisonné ou tué personne», explique M. McDermott.

La profession a bien changé depuis, notamment avec les avancées technologiques et les progrès scientifiques. Son mandat s’est aussi élargi depuis la loi 41, en juin 2015, qui élargit les responsabilités du pharmacien et lui permet d’ajuster les prescriptions et faire des actes délégués.

Retraite
Pour M. McDermott, l’idée de la retraite a fait son chemin au cours des dernières années. L’expérience d’un spécialiste de sa clinique, un homme un peu plus âgé, l’a beaucoup influencé.

«Il venait me voir pour se rappeler des anciens noms de produits. Il m’a confessé qu’il pensait prendre sa retraite parce qu’il commençait à oublier. Je me suis dit que je partirais avant de me rendre là», avoue-t-il.

La nouvelle génération de pharmaciens a aussi facilité sa décision. «J’ai voulu en profiter parce qu’ils sont ultra-intelligents et vont pratiquer comme moi je le faisais, en mettant beaucoup d’emphase sur le contact avec les gens», soutient M. McDermott.

Il a donc vendu son commerce en octobre, mais assure tout de même une transition en douceur. «J’ai promis de rester quelques mois, dit-il, pour que les clients voient une figure familière en rentrant.»

M. McDermott entend ensuite se consacrer à ses passe-temps: la confection de meubles japonais en bois et la pêche. Avide collectionneur, il dit collaborer à un effort citoyen pour créer une forme de musée d’histoire de la pêche à Pointe-Claire, au Stewart Hall.

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