François Lemieux/TC Media Installés dans deux chambres du Holiday Inn, Tauseef Bhatti et sa famille ont passé les Fêtes de fin d'année chez des proches à Toronto, afin de tenter de changer d'air.

Le temps des Fêtes a été stressant pour la famille de Tauseef Bhatti. Elle figure parmi les 125 foyers sinistrés encore logés à l’hôtel à la suite des inondations historiques du printemps, ignorant quand il sera possible de réintégrer leur maison de L’Île-Bizard. Comme si ce n’était pas suffisant, M. Bhatti peine à subvenir aux besoins de ses enfants en raison d’une blessure.

Évacués d’urgence de leur résidence de la rue Jean-Yves en mai, M. Bhatti, sa femme et ses quatre enfants ont presque tout perdu lors la crue des eaux. Ayant dû changer de résidence temporaire à six reprises depuis, ils se sont finalement installés dans deux chambres du Holiday Inn de Pointe-Claire, il y a quatre mois.

«Nous sommes tellement déprimés et fatigués et nous avons tellement peur d’être expulsés, par exemple. Nous n’avons plus de moyens financiers. Nous ne pouvons pas payer notre hypothèque. Toute cette incertitude fait en sorte qu’on n’est pas en mesure de profiter de quoi que ce soit. On tente de se remonter le moral pour le bien de nos enfants», indique-t-il.

Blessé à l’épaule lors du grand nettoyage, M. Bhatti tire le diable par la queue. Garagiste à son compte, il est incapable d’œuvrer plus de trois heures par jour, travaillant seulement sur rendez-vous. Il se retrouve en retard dans ses paiements, notamment le loyer de son commerce et ses frais fixes.

«Aussitôt que je travaille plus d’une demi-heure, je commence à avoir une douleur intense dans l’épaule et la clavicule, ça me donne des migraines. On me donne des antidouleur et on me dit de prendre du repos. Mais si je ne vais pas travailler, comment puis-je payer mes dépenses», se plaint-il.

Épuisement
Le choc d’avoir dû être évacuée et ballotée d’hôtel en hôtel en plus d’avoir perdu presque tous ses biens a épuisé mentalement et physiquement la famille de quatre enfants.

«Ma femme a été souvent à l’hôpital. Elle a eu une chirurgie alors qu’on était à l’hôtel. On voit des travailleurs sociaux pour gérer notre stress. On nous a conseillé de faire voir les enfants par un psychiatre. C’est difficile physiquement et on se détériore vraiment rapidement. Mentalement, on est tellement dévastés», explique-t-il.

Estimant que son dossier manque encore certains documents, le ministère de la Sécurité publique tarde à délivrer un permis de rénovation à M. Bhatti.

Afin de respecter le décret annoncé cet été par Martin Coiteux, le ministère de la Sécurité publique, M. Bhatti doit par ailleurs prouver que les rénovations nécessaires à sa demeure de la rue Jean-Yves pourront être faites pour un coût représentant moins de 50% du prix de reconstruction de la maison à neuf.

Plan d’action
Un plan d’action doit être dévoilé cet hiver par le ministère Coiteux en vue d’améliorer la résilience de la société québécoise lors d’inondations.

De nombreux échanges entourant des pistes de solution ont été mises de l’avant lors d’une réunion post-mortem tenue à Québec, le 19 décembre. Des personnes sinistrées, des maires, des préfets, des organisations en sécurité civile ainsi que différents ministères y ont participé.

Un total de 291 municipalités ont été touchées par les inondations. Plus de 5 300 résidences principales ont été inondées et plus de 4 000 personnes ont été évacuées de leur domicile. Plus de 6 000 demandes de réclamation ont été effectuées au ministère de la Sécurité publique.

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