Connaissez-vous la musique klezmer? On la doit principalement aux juifs de l’Europe de l’Est qui l’ont fait évoluer depuis le XVIIIe siècle. Le groupe Oktopus s’est donné comme mission de la perpétuer et la populariser au Québec, voire partout dans le monde.

À travers son père d’origine juive, Gabriel Paquin-Buki a d’abord été exposé à la musique klezmer. À l’occasion, son paternel la pianotait ou sortait ses vieux disques de vinyles pour écouter les chansons et musiques traditionnelles de son pays.

Bien des années plus tard, en 2010, armé d’une solide formation en musique classique, M. Paquin-Buki a senti le besoin de la jouer et de la faire connaitre au plus grand nombre. Recrutant des musiciens de son entourage il a formé son groupe de musique klezmer, un octuor, nommé à juste titre Oktopus. «Pour nous, musiciens classiques, cela nous sort des sentiers battus. C’est aussi un style musical très invitant», précise M. Paquin-Buki.

Métissage

Si vous pensez ne connaitre aucune chanson klezmer, sachez qu’une d’entre elles fait partie de nos soirées de hockey depuis des générations. On joue régulièrement au Centre Bell Hava Nagila. Composée en 1915, elle vient de la culture hassidique et est la première chanson en hébreu à avoir fait le tour du monde. Elle est un incontournable des mariages juifs et des bars Mitzvah.

L’originalité du groupe Oktopus tient à plusieurs choses. Outre le membre fondateur, aucun des membres n’y avait un attachement culturel particulier.

S’inspirant des tendances jazz que le klezmer a pris au XIXe siècle aux États-Unis, les musiciens ont ajoutés des cuivres aux traditionnels instruments de base que sont le violon, l’accordéon, le cymbalum [instrument hongrois à cordes frappées] et la flûte.

Ils intègrent ici et là des chansons québécoises, comme Le petit bonheur de Félix Leclerc, qu’ils jouent à la façon klezmer. «On l’a d’ailleurs enregistré sur notre premier album. Et nous avons ajouté une composition de Jorane», souligne M. Paquin-Buki.

Daille, Daille, Daille!

L’an dernier, Oktopus a reçu un accueil des plus chaleureux en France. «Ils ont beaucoup aimé ce que nous avions à offrir. À travers cette musique, on amène aussi notre identité francophone, explique M. Paquin-Buki. Cela nous donne une personnalité à l’extérieur du Québec.»

Si la musique klezmer a failli disparaitre dans les années 1950, elle a non seulement survécu, mais a connu depuis le début du millénaire une résurgence. «Par exemple, Socalled, un disc-jockey québécois, a utilisé de vieux vinyles de musique klezmer pour en extraire des sonorités et les incorporer à ses compositions hip-hop», mentionne le leader d’Oktopus.

Puisqu’aucun membre du groupe ne parle couramment le yiddish, et comme ils ne veulent pas faire à semblant, ils chantent peu de chansons ou font surtout des Daille, Daille, Daille.

Oktopus, c’est Gabriel Paquin-Buki à la clarinette, la composition et aux arrangements, Vanessa Marcoux au violon et à la composition, Marilène Provencher-Leduc à la flûte, Matthieu Bourget au trombone basse, Patricia Darche au trombone ténor, Alexis Basque à la trompette et Mathieu Bourret au piano, à l’accordéon et à la guitare.

Oktopus. Un octuor sur le toit – célébration klezmer, dimanche 11 février, à 14h, à la Salle de banquet du Centre communautaire de Dollard-des-Ormeaux (1201, boulevard de Salaberry). Gratuit. Informations: 514 686-1496.

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