François Lemieux/TC Media Un rouet de fabrication artisanale vieux d'environ 150 ans témoigne de la culture du lin à L'Île-Bizard.

Le début de l’urbanisation de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève et Pierrefonds-Roxboro date du milieu des années 1950. Avec sa plus récente exposition, la Société patrimoine et histoire de l’île Bizard et Sainte-Geneviève veut expliquer comment se déroulait la vie de tous les jours avant ce tournant historique.

«Il y avait principalement des agriculteurs. Ils cultivaient, jardinaient, gardaient des animaux pour se procurer blé, lait, œufs et viande. Si on retourne vers 1890, et même au début du siècle dernier, il fallait faire son propre pain et se débrouiller sans produits frais parce qu’on n’avait pas de réfrigérateur», indique André Laniel, le président de la société.

Ce dernier accueille les visiteurs dans ses bureaux de l’édifice municipal de la rue Chauret, à Sainte-Geneviève, où se déroulaient jusqu’à tout récemment les assemblées publiques du conseil municipal de l’arrondissement.

Depuis le début janvier, on y présente l’exposition Il n’y a pas si longtemps, qui met en vedette une soixantaine d’objets ainsi qu’une trentaine de photos sur le mode de vie agricole.

Une grande partie des objets ont été donnés par les Sœurs de Sainte-Anne, des familles de la région, en plus de certaines pièces appartenant à M. Laniel lui-même. Un rouet de fabrication artisanale vieux d’environ 150 ans témoigne de la culture du lin à L’Île-Bizard.

«C’était quand même à ce moment-là un marché intéressant: en plus de la culture, on faisait le tissage du lin et des vêtements», raconte M. Laniel.

Témoins du temps
De nombreux autres outils d’agriculteur et de bûcheron sont aussi exposés. La hache servait à faire l’entaille pour donner la direction de l’arbre lorsqu’il tombait et pour ébrancher ensuite. La sciotte Saint-Joseph était utilisée pour faire les rondins sur le chevalet. Le godendard, une longue scie à deux, est apparu en 1890 sur les chantiers de bûcherons pour couper les arbres.

«L’hiver, on bûchait dans le bois au bout de la terre et on nettoyait l’érablière. Les agriculteurs faisaient leur bois de chauffage pour leur usage personnel et quelquefois pour en vendre aux villégiateurs qui louaient des chalets en bordure de la rivière», explique M. Laniel.

On peut aussi observer un poêle à bois et une radio des années 1920, un pupitre de 1910 et une chaise datant du milieu du XIXe siècle.

«Ce sont des traces d’histoire qu’on récupère lorsque les gens nous donnent quelque chose qui a appartenu à leur famille», explique M. Laniel.

Souvenirs
Si l’exposition est une opportunité pour les plus jeunes d’en apprendre sur leurs racines, elle est aussi, pour les plus âgés, une occasion de se plonger dans leurs souvenirs et même d’en apprendre au guide.

«Un jour, une dame en fauteuil roulant a vu une photo du temps qu’elle étudiait au couvent des Sœurs de Sainte-Anne. Elle s’est levée d’un coup sec. L’adrénaline et l’émotion sont tellement venues la chercher. Elle était sur la photo avec ses compagnes, à l’âge de 12 ou 13 ans. Elle s’est mise à me raconter des anecdotes», raconte M. Laniel.

Il considère que ces rencontres enrichissantes lui permettent d’accumuler davantage d’information qu’il peut ensuite transmettre aux prochains visiteurs.

L’exposition Il n’y a pas si longtemps se poursuit du mardi au vendredi, de 13h30 à 16h30, jusqu’à la fin février au 13, rue Chauret, à Sainte-Geneviève. Des visites guidées sont offertes les jeudis et vendredi ou selon la demande pour des groupes.

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