François Lemieux/TC Media «Les gens, avant, étaient plus facilement satisfaits. Aujourd'hui, les gens ont souvent beaucoup de choses, mais ils passent leur temps à penser à ce qu'ils n'ont pas et ce que les autres ont», fait valoir Greta Blain.

Une trentaine d’élèves de 5e et 6e année de l’école St-Rémi, à Beaconsfield, a récemment eu la chance unique de mettre en perspective ses apprentissages sur le XXe siècle avec la visite d’une centenaire originaire d’Amsterdam, aux Pays-Bas.

Immigrée à Montréal après la Deuxième Guerre mondiale, Greta Blain, qui habite maintenant une résidence pour aînés de Beaconsfield, a répondu aux nombreuses questions des enfants pendant une heure, la semaine dernière.

«C’est incroyable à quel point cette dame a concrétisé la théorie que j’enseigne avec son témoignage. Il y avait vraiment plein de choses qui se recoupaient. J’ai tellement hâte de retourner en classe avec eux et de faire un lien avec ça», indique la professeure d’univers social, Danielle Gagnon.

Née en novembre 1917, Mme Blain avait 22 ans lors du déclenchement du dernier conflit mondial. Les élèves, qui étudient les différentes guerres, avaient de nombreuses questions pour la centenaire à ce sujet.

Souvenirs
Interrogée sur le moment le plus effrayant pour elle de la Deuxième Guerre mondiale, elle a mentionné les bombardements allemands sur sa ville, en 1940.

Elle se rappelle également la peur qui existait à l’époque, des agents ennemis qui, déguisés en civils, tentaient de se fondre à la population locale pour obtenir des renseignements d’importance stratégique avant l’invasion.

«Au cours des premiers jours de la guerre, on nous avait dit que si quelqu’un nous demandait quelque chose comme une adresse ou un renseignement quelconque, il fallait répondre qu’on ne savait pas», se rappelle Mme Blain, qui a dû suivre à quelques occasions cette directive.

Mme Blain a aussi mentionné les pénuries de la fin de la guerre. Elle s’est rappelé que tous les magasins étaient fermés. Avec sa mère, elles avaient dû faire la tournée des fermes environnantes pour se procurer des denrées.

«Nous avons marché et marché pour aller chercher des carottes, des patates ou des oignons. Ma mère était toujours chanceuse et, chaque fois qu’on visitait une nouvelle ferme, elle me disait de ne pas dire ce qu’on avait déjà reçu ailleurs», raconte-t-elle, précisant que les Allemands saisissaient à l’occasion les légumes lors de contrôles routiers.

Vie à Montréal
Mariée durant le conflit mondial à un soldat québécois, Mme Blain l’a suivi à Montréal après l’armistice.

Elle a occupé de nombreux emplois, notamment comme commis au comptoir des lotions au magasin Eaton et dessinatrice de mode. Mme Blain a suscité la curiosité les élèves lorsqu’elle a mentionné avoir été brièvement illustratrice de dessins animés pour Disney.

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