François Lemieux/Métro Média Des mesures ont été prises récemment pour empêcher la tenue de nouvelles soirées, dont l'ajout de caméras de surveillance à l'extérieur et l'embauche d'une firme de sécurité.

Frustrés de voir une maison du voisinage servir d’hébergement temporaire, avec des soirées arrosées qui seraient monnaie courante, des résidents de la rue Aquila, à Pierrefonds, somment l’arrondissement d’agir. À la demande du maire, le contentieux de la Ville de Montréal en est à vérifier si une résidence peut ainsi être louée dans un quartier résidentiel.

La demeure de la rue Aquila serait louée depuis quelques mois via le site web Airbnb, une plateforme communautaire payante de location et de réservation de logements de particuliers.

Trois voisins se sont présentés à la dernière séance du conseil d’arrondissement, le 7 mai, pour se plaindre de cette situation.

«La maison est louée à des groupes de gens, qui prennent de l’alcool et des drogues. Au début, on a laissé passer pour ne pas se montrer impolis par rapport à nos voisins», indique Bill Pappas.

De son côté, Jason Tremellen mentionne que sa fille adolescente ne se sent pas en sécurité les fins de semaine lorsqu’elle sort en soirée.

«On ne sait pas exactement ce qui se passe de l’autre côté de la rue. Une soirée, une ambulance est venue et un jeune a dû se faire pomper l’estomac en raison d’une intoxication alcoolique. Peut-être que si la personne habitait la maison et la louait de temps en temps, on ne se plaindrait pas autant. Mais le propriétaire n’habite pas là», fait-il valoir.

Réaction
Ayant récemment été mis au courant d’un autre établissement qui opérait de la même manière, le maire de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios (Jim) Beis, avait sommé le département légal de la Ville de Montréal de lui fournir une opinion quant à savoir si une résidence pouvait être louée de cette façon. Ce dernier indique n’avoir pas encore obtenu de réponse.

«On va regarder avec le département légal pour voir non seulement ce qui est permis présentement, mais également comment, en tant que conseil, on pourra empêcher cela dans l’avenir. On va vérifier si on a la juridiction et la capacité de passer un règlement pour exclure ce genre d’établissement dans la communauté», souligne-t-il.

M. Beis a aussi indiqué qu’il s’assurerait auprès du commandant du poste de quartier 3 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qu’il y ait une présence accrue des policiers, particulièrement les week-ends.

«Notre but n’est pas d’empêcher la libre entreprise, mais peut-être de contrôler l’usage d’une maison comme celle-là. On croit qu’on doit pouvoir vivre dans un environnement sain et pouvoir maintenir sa qualité de vie. En plus, qu’arrive-t-il de la valeur d’une propriété si on a une telle maison dans le voisinage?», souligne-t-il.

Contactée via le site Airbnb, la personne responsable de la location de la maison, un résident d’Ottawa qui dit s’appeler Michael, a rappelé que les règles de location de son établissement interdisent les soirées ou fêtes.

S’il fait valoir que jamais un voisin ne lui a fait part d’un problème quelconque, il admet que des locataires ont violé ce règlement, en plus de causer des dommages matériels à sa propriété.

Il ajoute que des caméras additionnelles ont été installées à l’extérieur et qu’une firme de sécurité a été engagée pour assurer le maintien de l’ordre. Michael trouve injuste de voir les voisins agir en «justiciers» de cette façon.

«Il y a plein d’autres sites web qui offrent la location de maisons. En faisant une recherche Airbnb, on peut trouver plein de propriétés dans toutes sortes de voisinages à travers le monde, le Québec ou Montréal. Ce genre d’établissement amène de nouveaux revenus de taxes à travers les restaurants et magasins que les locataires visitent», précise-t-il.

Disposant de quatre chambres à coucher, la maison peut loger de 6 à 18 personnes.

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