Rob Amyot/Métro Média Le travail de Barry Christensen l'amène à se déplacer un peu partout dans la région métropolitaine. Dans un même quart de travail, il peut être envoyé à Sainte-Anne-de-Bellevue comme à Pointe-aux-Trembles ou encore à Laval. La vie d'un paramédic est remplie d'imprévus.

Initiée en 1973 aux États-Unis, la semaine des paramédics et des services pré-hospitaliers d’urgence se déroule cette année du 27 mai au 2 juin. À cette occasion, Métro Média a rencontré Barry Christensen, un paramédic de Pointe-Claire qui exerce fièrement ce métier depuis 37 ans.

Comment en êtes-vous venu à occuper cet emploi ?
Dans les années 1970, il y avait deux émissions à la télévision qui ont attiré beaucoup de jeunes de ma génération vers le métier. M*A*S*H et aussi Emergency, qui portaient sur les soins paramédicaux en Californie. Dans ma jeunesse, j’ai été sauveteur dans une piscine. Ça a toujours été le fun de travailler dans un domaine où tu es avec le public et où tu aides le monde. Tu sens que tu as fait une différence.

Comment a évolué votre métier depuis 1981 ?
Quand j’ai commencé, des compagnies privées faisaient le service d’ambulance. Mais aussi, exclusivement à Montréal, il y avait des ambulances de police. On appelait la compagnie la plus proche. Il n’y avait aucune structure, pas de 9-1-1. Certaines compagnies pouvaient avoir du personnel avec beaucoup de formation et d’autres pas. Des compagnies avaient aussi un calculateur de distance et facturaient au kilomètre, comme les taxis.

Quand est-ce que ça a changé ?
Ça s’est fait progressivement. Il y a eu l’introduction d’Urgences-santé. Au début c’était juste un numéro central, où on répartissait les appels aux différentes compagnies. En 1989, elle a intégré tout le personnel et est devenue une corporation gouvernementale pour l’île de Montréal et Laval. Ça a donné une structure, de l’uniformité. Toutes les règles, au niveau de la formation, l’équipement et les véhicules, venaient désormais de Québec.

Est-ce un métier difficile ?
Il y a eu des bons moments dans ma carrière et d’autres que je préfère oublier comme certaines odeurs ou des images. Mais elles sont là. J’ai eu des gens qui ont sorti un couteau ou une arme à feu devant moi. Mais quelqu’un qui me menace a évidemment besoin d’aide. S’il est rendu sur ma civière, je vais le traiter. Ce n’est pas à moi de juger ce qu’il a fait. Je me suis rendu sur des cas de colis suspects. J’en ai vu de toutes les couleurs. Peut-être qu’un jour j’écrirai un livre pour raconter tout ça.

Parlez-moi des bons moments.
Des fois, on aide des personnes âgées qui sont stressées et seules. On arrive à les rassurer et apaiser un peu leur douleur. Certains patients envoient des lettres de remerciement. Des fois, on accompagne quelqu’un pour un traitement de radiothérapie et on parvient à mettre un sourire sur son visage. Il y a beaucoup de défis qui vont d’un extrême à l’autre. On peut réanimer quelqu’un en arrêt cardiaque ou accoucher un enfant. D’autres fois, c’est juste de tenir la main de quelqu’un qui fait la différence.

Qu’est-ce que les gens ignorent en général à propos de votre métier ?
On a besoin que les gens prennent des cours de premiers soins et de réanimation cardiaque. Ça nous aide parce qu’on fait tous partie de la chaîne de survie. Par ailleurs, c’est l’après-intervention qui est un peu difficile. Il y a l’adrénaline quand on est sur un appel. On voit, sent et on entend des choses que les patients nous disent. Parfois, c’est un peu comme un confessionnal. Après, il nous reste un bagage [émotionnel].

En novembre aura lieu une récolte de bas pour les itinérants que vous organisez depuis quatre ans. Jusqu’ici, vous avez amassé plus de 5000 paires de bas pour la Mission St. Micheal’s, au centre-ville. Pourquoi?

L’hiver, il fait froid! Et certaines personnes développent des plaies aux pieds parce qu’ils n’ont pas de bons souliers, leurs pieds deviennent mouillés et ils prennent froid. C’est aussi une bonne manière pour les travailleuses sociales d’approcher quelqu’un. C’est quelque chose de tangible pour le public comme type de don. Les gens savent que ça va aider quelqu’un. J’ai travaillé pendant 10 ans au métro Berri et ça a changé ma vision des itinérants. J’ai commencé à connaître leurs histoires, leur situation familiale, pourquoi ils étaient rendus dans la rue… Quand j’ai été assigné ailleurs, j’ai voulu continuer d’aider.

Pour en apprendre plus sur la récolte de bas de M. Christensen, visitez la page Facebook de l’évènement, qui s’intitule «Montreal-Sock-It-To-Me».

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