Photo: Gracieuseté La simulation s'est déroulée le 10 mai, au palais de justice de Montréal.

Figure controversée de l’histoire juive, Rudolf Kasztner a récemment été jugé de façon posthume pour crimes de guerre au palais de justice de Montréal. Lors de cette simulation judiciaire, les procureurs de la couronne étaient neuf élèves de l’école secondaire allemande Alexander Von Humboldt, de Baie-D’Urfé.

Rudolf Kasztner était un juif hongrois, qui pendant la Seconde Guerre mondiale, a négocié avec les nazis pour faire échapper certains juifs en Suisse. On lui a par la suite reproché de ne pas avoir partagé des informations qui auraient permis de sauver plus de 400 000 juifs hongrois déportés dans les camps de concentration allemands, en 1944.

Émigré en Israël après la guerre, Kasztner est devenu porte-parole du ministère du commerce et de l’industrie israélien. Il fut assassiné en 1957.

«On avait besoin d’un cas historique dans lequel il y avait une controverse. C’est pourquoi on a choisi Rudolf Kastner parce qu’il est un personnage tellement controversé en Israël. Beaucoup de juifs le perçoivent comme un héros et d’autres le voient comme un collaborateur nazi», indique David Smith, le professeur en charge de l’activité à l’école Alexander Von Humboldt.

De leur côté, des élèves de l’école Herzliah High School, une école privée juive, assuraient la défense du personnage historique. Des élèves de l’école Miss Edgar’s and Miss Cramp’s School agissaient en tant que jury.

Les élèves de l’école allemande ont mis, à partir du mois de février, une vingtaine d’heures à se préparer pour le procès qui s’est déroulé le 10 mai, au palais de justice de Montréal. Le juge de la Cour supérieure du Québec, Stephen W. Hamilton a présidé l’exercice.

«Le but était de leur donner une expérience assez réelle d’un vrai procès, de leur montrer les différents aspects d’un procès», indique M. Smith.

Après avoir assigné un rôle à chaque membre de l’équipe, les élèves ont dû faire des recherches pour amasser la preuve nécessaire et la stratégie à adopter pour remporter le procès. Julia Durran, une élève de neuvième année, s’occupait de la déclaration d’ouverture.

«J’ai adoré l’expérience. C’était excitant d’être au palais de justice et c’était spécial d’être là après avoir mis tant d’efforts dans ma préparation de ma déclaration ou mes questions», souligne-t-elle.

Quant à Lily Schricker, une élève de 12e année, elle s’occupait de l’examen direct.

«Je veux devenir avocate un jour, alors je voulais vraiment faire cette expérience pour avoir ce sentiment d’être là et de vraiment regarder comment tout ça se passe. Ça m’a vraiment aidé pour mes choix. Ça m’a montré que j’aimerais poursuivre ça comme carrière», précise-t-elle.

Si les élèves d’Alexander Von Humboldt n’ont pas réussi à remporter leur «procès», Julia Durran et Lily Schricker ont toutes deux obtenu un prix lors de la simulation. La première s’est vue décerner un honneur pour la meilleure déclaration d’ouverture et la seconde, pour la meilleure performance pour ce qui est de l’examen direct.

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