François Lemieux/Cités Nouvelles Les résidences de la rue Brown seraient particulièrement touchées par le problème de bruit ambiant en provenance de l'autoroute 20.

Souhaitant protéger la santé de ses citoyens vivant aux abords de l’autoroute 20, la Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue a entamé des démarches auprès du ministère des Transports (MTQ) pour obtenir un mur antibruit dans son secteur sud. Le projet est évalué à 4,5 M$.

Le bruit ambiant trop élevé représente un problème qui perdure depuis de nombreuses années dans le secteur sud selon la mairesse, Paola Hawa.

«À l’endroit le plus rapproché, l’autoroute est à 10 ou 12 mètres des maisons. Les résidents ressentent le bruit. Ça fait peut-être 10 ou 15 ans qu’on en parle, mais maintenant que le Programme particulier d’urbanisme (PPU) est fait et que les grands dossiers sont réglés, on a le temps et peut-être l’argent aussi de commencer à regarder ce projet un peu plus formellement», indique-t-elle.

Après avoir adopté une résolution lors de la dernière séance ordinaire du conseil, les élus ont fait parvenir une lettre au nouveau ministre des Transports, François Bonnardel, le 13 novembre.

Seuils dépassés
En mai, la Ville avait mandaté la firme lavalloise EXP d’effectuer une étude pour évaluer les niveaux de bruit ambiant dans les quartiers situés à proximité de l’autoroute 20, dans le secteur sud.

«Après l’analyse qu’on a faite, nous avons par exemple des pointes sur les rues Lamarche et Brown à 68 décibels (dBA). C’est vraiment inacceptable», souligne la mairesse.

Or, selon la Politique sur le bruit routier, le ministère des Transports s’engage à mettre en oeuvre des mesures d’atténuation dans les zones sensibles lorsque le niveau de bruit extérieur atteint le seuil de 65 dBA.

«Le MTQ a ses propres critères. Mais il faut faire quelque chose», martèle Mme Hawa.

Selon la Direction de la santé publique de Montréal, l’exposition durant la journée «à des niveaux sonores moyens supérieurs à 55 dB(A) à l’extérieur des habitations d’un quartier résidentiel est considérée comme étant une gêne sérieuse».

Ces bruits gênants empêchent par exemple de poursuivre une conversation, perturbent le travail ou le sommeil par exemple.

Dans son rapport final émis en septembre, EXP suggère qu’un mur soit construit sur 445 mètres au sud de l’autoroute 20, entre les rues Saint-Pierre et Maple, pour permettre de réduire le bruit ambiant de 15 dBA.

Exemples à suivre
Le processus risque d’être long selon la mairesse Hawa. Prenant en exemple la Ville de Beaconsfield, leurs démarches afin d’obtenir une protection antibruit perdurent depuis de nombreuses années.

Elle souhaite par ailleurs obtenir la même répartition des coûts. En 2015, le ministre des Transports, Robert Poëti, avait proposé à Beaconsfield de défrayer 75% des coûts d’une éventuelle mesure de protection antibruit.

«À Lachine, lorsqu’ils ont construit le mur antibruit, le MTQ a aussi subventionné 75% des coûts. D’habitude, Québec demande une répartition des coûts à 50-50. Mais nous, on ne pourra pas. Pour une petite ville comme Sainte-Anne-de-Bellevue, avec 5000 de population, on n’a pas d’argent pour faire ça», soutient Mme Hawa.

Elle avance également que la problématique à laquelle sont confrontés les aurait été créée par le MTQ lors de la construction de l’autoroute.

«Dans les années 1960 ou 1970, ce qui est aujourd’hui l’autoroute 20 n’était qu’une rue locale. S’ils n’avaient pas aménagé l’autoroute, on ne serait pas dans cette situation-là. Ce sont eux qui ont décidé de mettre une autoroute à 10 mètres de résidences. Il me semble que ça serait logique qu’ils arrangent le problème», fait-elle valoir.

Le ministère des Transports n’a pas été en mesure de répondre à nos questions avant l’heure de tombée.

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