François Lemieux/Cités Nouvelles Quelques centaines de professionnels en soins de santé de l'Ouest-de-l'Île ont manifesté le 6 décembre contre l'inertie perçue de leur employeur, le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île de Montréal.

Manque de personnel, surcharge de travail, absences non remplacées et heures supplémentaires obligatoires, des centaines de professionnels en soins de santé de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ont dénoncé la semaine dernière, devant l’Hôpital général du Lakeshore, des conditions de travail jugées intenables.

En plus du centre hospitalier de Pointe-Claire, la situation serait également problématique au Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) Denis-Benjamin-Viger, à L’Île-Bizard.

«On a du personnel qui est en souffrance et épuisé. Des patients et des résidents sont négligés. Ils doivent attendre pour manger, pour avoir des soins d’hygiène ou pour leurs médicaments. Ils ne les obtiennent pas nécessairement à l’heure où c’est prescrit», indique Johanne Riendeau, la présidente du syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Après que les infirmières syndiquées du CHSLD aient déposé une plainte officielle à l’employeur quant à la charge de travail, en février 2016, une personne-ressource en médiation avait enquêté à la demande du tribunal d’arbitrage.

Dans son rapport, Flore Lecompte-Beauport suggérait l’ajout de personnel et la réorganisation du travail. Un arbitre a ensuite été désigné pour trancher le conflit.

Contestations
En avril, l’arbitre Richard Bertrand avait ordonné au CIUSSS de modifier les horaires, de créer deux postes d’infirmière, dont une auxiliaire, d’engager quatre nouveaux préposés aux bénéficiaires et de modifier le statut de quatre préposés déjà en place, les faisant passer de temps partiel à temps plein. Le CIUSSS a fait appel de cette décision en juin.

«Les dirigeants doivent prendre leurs responsabilités. Ils doivent arrêter de contester les décisions prises par les juges qui leur ont ordonné de mettre en place des mesures. Au lieu de faire ça, ils contestent et dilapident des fonds publics en frais d’avocats», dénonce Nancy Bédard, la présidente de la FIQ.

Elle réclame donc l’instauration des ratios patients/intervenants qui soient sécuritaires parce que le personnel affirme être à la limite de ses capacités à donner des soins.

«On demande à la ministre [de la Santé], Danielle McCann, d’intervenir auprès de ces dirigeants. Il faut qu’ils agissent de façon urgente», indique-t-elle.

La FIQ représente les infirmières, les infirmières auxiliaires, les inhalothérapeutes et les perfusionnistes cliniques.

La direction du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île de Montréal a refusé de commenter ce dossier en raison du processus judiciaire en cours.

Sit-in
Pour protester contre le manque de personne à l’Hôpital général du Lakeshore, les infirmières de l’urgence du quart de nuit ont organisé un sit-in, le 2 décembre.

Elles auraient ainsi refusé de relayer leurs collègues parce qu’elles jugeaient être en nombre insuffisant pour donner un service sécuritaire.

Sur les 13 infirmières nécessaires au bon fonctionnement de la salle d’urgence, seulement six auraient été disponibles.

En déplaçant une infirmière d’une autre unité et en rappelant une autre pour du temps supplémentaire, l’administration a finalement convaincu les protestataires de réintégrer leurs fonctions, vers 2h45, selon la présidente du syndicat, Johanne Riendeau.

«Certains départements, quand il manque de personnel, gardent quelqu’un en temps supplémentaire obligatoire. À l’urgence, ils ne forcent personne à rester, mais ils ne vont pas non plus les remplacer. Ça arrive presque chaque semaine qu’on va travailler avec trois ou quatre infirmières en moins», fait-elle valoir.

Mme Riendeau avance également que l’employeur ferait souvent appel au temps supplémentaire obligatoire aux unités de soins intensifs et de soins mère-enfant.

Embauche
Le relationniste médias du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île de Montréal, Ariadne Bourbonnière, souligne de son côté que le CIUSSS a procédé à l’embauche de 10 infirmières dans les six derniers mois, ce qui aurait permis de combler les quarts de travail à près de 80%.

«Le CIUSSS doit composer avec la situation actuelle de plein emploi dans le domaine de la santé et des services sociaux, explique-t-elle. Nous continuons à déployer nos efforts de recrutement. Le besoin de main-d’œuvre est ajusté en continu en fonction de l’affluence à l’urgence. La priorité du CIUSSS est d’offrir à ses résidents, usagers et patients des soins et services de qualité.»

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