Plusieurs familles du nord de L’Île-Bizard ont récemment déploré à l’unisson le manque d’autobus dans leur secteur. Coupés du monde, les jeunes et les personnes âgées qui n’ont pas de voiture doivent quêter des «lifts» ou marcher plus d’une demi-heure pour atteindre un arrêt d’autobus. L’hiver c’est l’enfer.

La ligne 207 a beau se rendre à L’Île-Bizard, elle ne va pas plus loin que l’intersection de la montée de l’Église et du boulevard Chèvremont. Plus au nord, les usagers de l’autobus 207 doivent se débrouiller sans service.

Le jeune Vincent Larin, qui travaille au IGA du coin et habite sur la rue Saint-Roch, doit parcourir au bas mot 40 minutes à pied pour se rendre au travail. Si l’été certains citoyens empruntent leur vélo, lorsqu’il pleut ou il neige, c’est un méchant défi pour se rendre au sud de l’île dans le village.

Les jeunes du niveau primaire et secondaire ont droit à un service de transport fourni par leur établissement scolaire. Les étudiants du cégep et de l’université n’ont pas cette chance, eux qui ont des horaires variables. Les parents ont beau essayer de les accommoder, ils ne peuvent pas toujours les transporter. Les couples qui n’ont souvent pas le choix d’avoir deux voitures pour se déplacer n’ont pas tous les moyens d’en acheter d’autres pour leur progéniture.    

«Je vais aller au cégep l’an prochain et d’avoir le transport collectif éviterait à ma mère de faire le taxi», soutient la jeune Li-Anne Archambault.

Le père du jeune Vincent trouve la situation déplorable. «Je trouve cela complètement discriminatoire! Je paie le même nombre de taxes que ceux qui ont l’autobus», dénonce Benoit Larin au Cités Nouvelles.

La rédactrice en chef du Magazine de L’Île des Sœurs, Mélissa Lavoie abonde dans le même sens. Elle qui a vécu dans le nord de l’île de 2009 à 2011 soutient que les citoyens de ce secteur de l’arrondissement dépendent de la voiture. «Je suis certaine qu’il y a une clientèle assez imposante pour utiliser l’autobus, car il y a plusieurs jeunes qui habitent le secteur», mentionne-t-elle. Le traversier qui relie Laval à L’Île-Bizard au nord-ouest serait aussi une possibilité d’augmenter l’achalandage d’un éventuel service autobus croit Mme Lavoie.  

Situation anormale

De son côté, le directeur général de l’organisme Transport 2000, Normand Parisien s’est dit surpris d’entendre une telle histoire. «30 minutes pour se rendre à un autobus, ce n’est pas normal! Normalement, cela devrait prendre entre 5 et 10 minutes maximum à pied pour se rendre à un arrêt d’autobus», indique-t-il. Le directeur soutient que la meilleure façon de faire avancer le dossier est de sensibiliser les élus locaux, eux qui votent les budgets.  

Taxi collectif à bonifier?

Le maire de l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Richard Bélanger a dit avoir rencontré la Société de transport de Montréal (STM) le 21 novembre dernier. Durant la rencontre, il leur aurait parlé de prolonger la ligne d’autobus jusqu’au golf, proche du chemin du Bord-du-Lac. La réponse fut négative en raison d’un manque d’achalandage.

«Il nous apparaît clair qu’à court et à moyen terme, le niveau de demande ne justifie pas un prolongement de la ligne 207. Toutefois, la STM étudie les opportunités de bonification du taxi collectif de façon à assurer une accessibilité au transport en commun pour la population de L’Île-Bizard», soutient la porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay.

Selon la Société, le taxi collectif effectue une moyenne de 11 déplacements par jour à L’Île-Bizard. Une fréquentation qui est jugée nettement insuffisante pour envisager l’implantation ou le prolongement d’une ligne d’autobus dans ce secteur à court ou à moyen terme.

«Comme c’est le cas pour tous nos services, qu’ils soient faits par autobus ou taxi, le potentiel de déplacements doit être suffisant pour justifier les investissements aux heures de service», explique Mme Tremblay. 

La directrice de l’arrondissement, Claire Vassart, a néanmoins souligné être très consciente de la demande accrue relative au transport en commun à L’Île-Bizard.

Des ratés

Nancy Samarin, a déjà essayé le service de taxi collectif et son expérience n’a pas été concluante. Pour différentes raisons, malgré son respect de la procédure de prise de rendez-vous, elle a manqué son taxi. D’autres usagers se sont fait carrément prendre leur transport par une autre personne et ont dû attendre le prochain taxi collectif.

À noter que le service de taxi collectif est offert uniquement aux heures de pointe du lundi au vendredi.

 

Voir aussi la caricature de la semaine :

http://www.citesnouvelles.com/Opinion/Caricature/2012-12-13/article-3139767/Caricature-de-la-semaine/1

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