J. Scott Applewhite Un résident de Pierrefonds sera bientôt accusé à la cour criminelle de cinq chefs de vol et cinq autres pour recel pour un montant de moins de 5000$ pour des vols de viande effectués entre avril et juin dans des supermarchés de l'Ouest-de-l'Île.

Tout le monde connait l’histoire du personnage de Robin des Bois qui volait les riches pour redonner aux pauvres. Mais connaissez-vous celle du Robin des Viandes, qui volait la viande des supermarchés pour la revendre à moitié prix à ses proches et amis ?

Le 22 octobre, après sept mois d’enquête, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a mis la main au collet d’un résident de Pierrefonds de 50 ans, recherché pour avoir dévalisé le comptoir des viandes de divers supermarchés.

L’individu, dont le nom n’a pas encore été divulgué, aurait en effet volé à cinq reprises des supermarchés de l’Ouest-de-l’Île afin de revendre le fruit de ses larcins à bas prix à ses connaissances et amis.

L’homme sera inculpé de cinq chefs d’accusation de vol de moins de 5000$ ainsi que cinq autres pour recel pour moins de 5000$. Quatre plaintes ont été logées à son sujet au SPVM alors qu’une cinquième a été adressée à la Sûreté du Québec.

«Inusité»
Le malfaiteur avait semble-t-il un modus operandi complètement inusité, selon l’agent sociocommunautaire du Poste de quartier 3 du SPVM , Daniel Maheu.

«C’est déjà arrivé des vols de viande dans le passé mais pas sur une base régulière et faits par une même personne. Pour ce qui est de la revente, je dirais que c’est nouveau. Il y a eu souvent des vols à l’étalage que des gens faisaient pour leur propre consommation. Mais pour ce qui est de la revente, ce n’est pas quelque chose qui est fréquent», raconte l’agent Maheu.

Prendre la poudre d’escampette
Les cinq incidents se seraient déroulés entre avril et juin. Le suspect, qui agissait seul, volait de la viande dans des supermarchés situés près des autoroutes afin de pouvoir prendre la fuite rapidement.

Les frasques du suspect ont attiré l’attention du module d’action par projet du poste de quartier 3 du SPVM, un groupe de quatre policiers qui appuie notamment des enquêtes de la région ouest. Le groupe a alors entrepris une opération de surveillance du suspect en juillet dans le but de le prendre en flagrant délit, mais en vain.

Le suspect a finalement été arrêté le 22 octobre. Il a été relâché en échange d’une promesse de comparaître.

Bien au fait du vol à l’étalage dans les magasins d’alimentation, l’Association des Détaillants en Alimentation du Québec (ADAQ) étudie en ce moment la possibilité d’équiper les supermarchés de systèmes pouvant détecter les produits non payés aux caisses.

Contacté par téléphone par TC Media au sujet des récents vols de viande dans l’Ouest-de-l’Île, le président directeur général de l’ADAQ Florent Gravel ne s’est pas dit surpris de la chose, étant donné le prix accru de la viande depuis quelques années.

«Il y a 10 ou 15 ans, il n’y avait pas vraiment de profitabilité qui aurait justifié d’aller voler un paquet de viande valant un dollar ou deux pour revendre ça sur le marché noir. Mais aujourd’hui quand on a des morceaux de viande qui sont entre 10 et 25$, il y a un attrait plus important», explique-t-il.

M. Gravel indique que l’ADAQ recherche activement une solution au problème du vol à l’étalage depuis des années.

«On essaie de trouver comment l’industrie pourrait, avec les manufacturiers, réussir à mettre une puce ou quelque chose qui pourrait, une fois passés les portes du magasin, identifier un item non payé aux caisses. Ça fait des années qu’on est là-dessus. Jusqu’à date, les systèmes qui ont été testés sont beaucoup trop dispendieux», mentionne-t-il.

Bien qu’il ne dispose pas de données précises sur le sujet, M. Gravel affirme qu’un commerce d’alimentation moyen au Québec voit 1 à 2% de son chiffre d’affaires s’envoler chaque année en raison du vol à l’étalage.

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