Collaboration spéciale Cap Nature, le projet de développement de Pierrefonds-Ouest, attire les foudres des aimants de la nature.

Cap Nature, le méga-projet de développement de Pierrefonds-Ouest, fait encore couler beaucoup d’encre. Une pétition de plus de 6500 signatures devrait être déposée au prochain conseil de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro en opposition à la construction de 5500 logements.

Avec cette pétition, le regroupement «Sauvons l’Anse-à-l’Orme» souhaite réussir à conserver et à protéger en totalité le Corridor éco-forestier de la rivière à l’Orme, où le projet immobilier de deux milliards de dollars, piloté par cinq promoteurs, sera érigé. Sa construction mettrait en danger 185 hectares d’espaces naturels comprenant des milieux humides et des champs en friche.

«Nous sommes contents de la réponse, affirme Sue Stacho, porte-parole du regroupement, devant le nombre impressionnant de signatures récoltées pour la pétition.

«La plupart des citoyens n’étaient même pas au courant du projet, poursuit Mme Stacho. Il faut protéger l’habitat naturel des 150 espèces d’oiseaux et de la seule harde de cerfs de Virginie de Montréal. Ce terrain a une valeur écologique inestimable.»

«Méconnaissance»

Selon David Cliche, ex ministre de l’Environnement et représentant des promoteurs du projet Cap Nature, l’opposition au projet serait basée sur une «méconnaissance» des détails du quartier résidentiel.

«Dans tout projet, il y a des opposants, c’est normal. Les promoteurs font un don de plus de six millions de pi² à la Ville de Montréal qui rendra possible l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme. Tout a été planifié en fonction de la conservation et du développement durable», assure l’ancien homme politique.

Consultation publique souhaitée

Le 11 janvier, au conseil de l’arrondissement, les promoteurs du projet ont demandé que Cap Nature soit soumis à une consultation publique sous l’égide de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

Pour le maire de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios Jim Beis, cette étape est primordiale dès que les plans seront finalisés. Il espère que la consultation publique puisse se tenir au printemps. «Les bénévoles qui ont amassé les signatures de la pétition ont travaillé très fort, admet le premier élu de la ville. J’espère toutefois qu’une grande partie des gens qui ont signé la pétition vont participer à la consultation publique pour connaître vraiment le projet et prendre la parole.»

Le regroupement «Sauvons l’Anse-à-l’Orme» est favorable à une consultation publique, mais demeure sceptique face à son efficacité. «J’ai l’impression que la décision de l’arrondissement est déjà prise, questionne Mme Stacho. C’est une bonne façon de donner la parole aux citoyens, mais nous avons peur qu’on discute des détails immobiliers au détriment de l’environnement. La nature doit être priorisée dans une vraie consultation.»

Le maire Beis assure respecter l’indépendance et l’expertise de l’OCPM. «Nous croyons à la qualité du projet, mais nous voulons entendre les citoyens et les recommandations de l’OCPM pour prendre une décision éclairée.»

Des procédures judiciaires sont parallèlement en cours dans ce dossier. En novembre dernier, le regroupement «Sauvons l’Anse-à-l’Orme» a lancé une poursuite contre la Ville de Montréal, qui aurait illégalement rempli des marécages et détruit des habitats fauniques.

Le projet Cap Nature est piloté par les promoteurs Gridev, Développement Pierrefonds, Les Immeubles de l’Équerre, Quartier de l’ouest de l’île et HPFCO.

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