Cinquante ans après la sortie du film Le Voyage fantastique de Richard Fleischer, une équipe de chercheurs de Polytechnique Montréal a dépassé la fiction en mettant au point une plateforme d’intervention médicale unique au monde, qui permet de guider des robots microscopiques à travers le corps, et d’injecter un médicament directement dans les tumeurs cancéreuses.

«Nos travaux, qui représentent plus de 15 ans de recherche, sont une nouvelle vision des interventions contre le cancer», déclare Sylvain Martel, titulaire de la chaire de recherche du Canada en nanorobotique médicale.

«Les traitements existants sont comme des chaloupes  chargées d’une tonne de médicaments, qu’on espère voir se rendre au bon endroit. C’est extrêmement toxique. Avec cette nouvelle technologie, c’est comme si on munissait nos chaloupes d’un GPS. On l’amène à une position ciblée», ajoute-t-il.

Dans un laboratoire d’une valeur de 4,6 millions $ situé à Polytechnique Montréal, ingénieurs, médecins et étudiants testent ces technologies qui pourraient révolutionner le traitement contre le cancer.

Fonctionnement
Les infrastructures qu’on y trouve permettent à une armée de 100 millions de bactéries autopropulsées et chargées de médicaments de se déplacer à travers les voix sanguines sans se perdre dans ce réseau d’environ 100 000 kilomètres, soit 2,5 fois la circonférence de la terre.

Guidées par un champ magnétique, elles sont en mesure d’emprunter le chemin le plus direct entre le point A et le point B, soit le point d’injection du médicament et la zone cancéreuse à traiter.

Les chercheurs n’ont même pas eu besoin d’inventer cette technologie de rêve, puisqu’elle existe au sein même de notre environnement.

La bactérie MC-1, découverte dans les années 70, contient des cristaux métalliques qui lui permettent de bouger en réponse à un champ magnétique. Elle est également attirée par les endroits qui contiennent un bas taux d’oxygène, tels que le fond des mers.

«Une fois à l’intérieur de la tumeur, on retire le champ magnétique et les bactéries y détectent les zones faibles en oxygène, qui sont les plus actives et les plus difficiles à soigner par les traitements classiques, avant d’y délivrer leur cargaison de médicaments», précise Maxime Latulippe, technicien au laboratoire de nanorobotique de Polytechnique.

Grâce à ce procédé, l’équipe du Pr Martel est parvenue à administrer des médicaments dans des tumeurs colorectales chez de petits rongeurs. «C’est une méthode avant-gardiste qui, contrairement aux chimiothérapies et radiothérapies, préserve les organes et les tissus sains environnants», se réjouit le Dr Gerald Baptist, directeur du Centre de recherches appliquées au cancer de l’Université McGill.

Avant de pouvoir penser effectuer des essais cliniques sur des êtres humains, les chercheurs doivent d’abord trouver le financement nécessaire pour tester leur équipement sur des primates.

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