Alors que la communauté juive était en pleine célébration du Rosh Hashanah, les élus d’Outremont ont fixé lundi soir la date de tenue du référendum à propos de la réglementation sur les nouveaux lieux de culte. Les citoyens pourront exercer leur droit de vote le 20 novembre. Aucun représentant de la communauté juive hassidique n’était présent à la séance du conseil, qui se déroule toujours le premier lundi du mois.

La proposition de fixer au dimanche 20 novembre la date du scrutin référendaire et de tenir le vote par anticipation le dimanche 13 novembre a été appuyée par la mairesse Marie Cinq-Mars et les trois conseillères présentes: Céline Forget, Jacqueline Gremaud et Marie Potvin. Seule Mindy Pollak, de confession juive, brillait par son absence. La conseillère du district Claude-Ryan est par ailleurs l’unique élue à avoir voté contre le dit règlement lors de l’adoption.

Les membres du conseil l’arrondissement ont voté majoritairement en faveur d’un règlement interdisant l’implantation de nouveaux lieux de culte sur les avenues commerciales Laurier et Bernard. Le projet a été adopté le 30 mai 2016 lors de la séance spéciale du conseil.

Des registres visant à déterminer si un référendum devait se tenir sur la question ont été ouverts. Pour qu’un scrutin référendaire soit déclenché, 367 signatures devaient être inscrites au registre concernant l’avenue Bernard et 176 à celui de l’avenue Laurier.

«Seulement quatre personnes ont signé le registre pour Laurier, donc il n’y aura pas de référendum», a rappelé Marie Cinq-Mars. Le règlement AO-320-B est désormais en vigueur sur cette artère d’Outremont. «Pour Bernard, il y en aura un [référendum] car le nombre suffisant de signatures a été atteint», a-t-elle confirmé, invitant tous les citoyens concernés à se prémunir de leur droit de vote.

Vocation commerciale

La mairesse a également réitéré les motifs pour lesquels l’interdiction de nouveaux lieux de culte sur ces deux avenues a été envisagée: «Notre arrondissement accorde une grande importance à la revitalisation des artères commerciales. En ce sens, il croit qu’il est préférable que ces avenues accueillent commerces et entreprises, sans que des bâtiments aux fonctions publiques diverses ne s’intercalent entre eux.»

Le 7 décembre 2015, lors de la séance du conseil, la conseillère Jacqueline Gremaud avait spécifié que, pour l’avenue Bernard, il était question d’environ 200-300 mètres. Bien que les lieux de culte soient prohibés essentiellement sur des portions désignées, puisqu’il est défendu d’en ouvrir sur les rues résidentielles, la zone ‘disponible’ soulève plusieurs interrogations pour les 8000 Juifs citoyens d’Outremont. Rappelons que depuis 1999, la création de nouveaux lieux de culte est interdite sur l’avenue Van Horne.

Combien?

Quatre synagogues figuraient parmi les 24 lieux de culte recensés dans l’arrondissement en 2015. Sur l’avenue Bernard, le journal en a compté deux. Lors de la période de questions réservée aux citoyens à la séance lundi soir, une résidente s’est d’ailleurs manifestée pour connaître le nombre exact de lieux de culte reliés à la communauté hassidique et la charge fiscale qui leur est associée.

«On s’apprête à participer à un référendum qui peut décider du futur d’Outremont et c’est important d’avoir toutes les informations. (…) On sait que les lieux de culte ne paient pas de taxes, alors combien y en a-t-il sur la rue Bernard pour la communauté hassidique – puisque c’est elle qui conteste le nouveau règlement – et quelle en est la charge fiscale?», a demandé au conseil Ginette Chartré.

La mairesse a souligné à la citoyenne que les lieux de culte de toutes confessions confondues sont exempts de taxes. Dans l’impossibilité d’apporter les réponses en cours de séance, Mme Chartré a été avisée que les informations seraient vérifiées.

L’avocat montréalais Julius Gray, qui a fait parvenir une lettre au conseil en décembre dernier mentionnant son intention de contester la légalité du règlement s’il devait être adopté, attend de connaître le dénouement du scrutin.

«Dans une communauté, il doit y avoir un certain nombre de lieux de culte. D’autant plus que ces gens-là (les membres de la communauté juive hassidique) ne peuvent s’y rendre en voiture certaines journées. Il y aura un référendum, je n’ai rien d’autre à ajouter pour le moment», a commenté Me Gray au journal.

Au moment de publier ces lignes, TC Media n’avait toujours pas été en mesure d’obtenir des réactions de représentants de la communauté juive d’Outremont.

Qu’est-ce que le Rosh Hashana?

Rosh Hashana, dont le nom signifie «tête de l’année», est le Nouvel An Juif. Il est célébré les deux premiers jours du mois de Tichri dans le calendrier hébraïque et marque le début de dix jours de pénitence.

Rosh Hashana est un «Yom Tov», soit un jour de fête chômé, durant lequel aucun travail ne doit être exercé. Les mêmes interdictions s’appliquent que pour le shabbat, jour de repos observé par plusieurs membres de la communauté juive. Cette année, le Rush Hashana se déroulait les 2 et 3 octobre.

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