TC Media – Isabelle Bergeron Déborah Cherenfant dans son petit atelier de l'avenue Durocher à Outremont où elle emploie trois couturières.

Rien n’arrête Déborah Cherenfant. Débarquée au Québec en 2005, cette jeune entrepreneure d’origine haïtienne a mis sur pied une entreprise d’accessoires de mode à Outremont, malgré le refus de plusieurs banques à financer son projet. Aujourd’hui, elle vit de ses créations et projette ouvrir un atelier dans son pays natal.

Son atelier, situé sur l’avenue Durocher à Outremont, a produit jusqu’à maintenant six collections qui comportent entre autres des pochettes, des sacs, des cravates, des nœuds papillon et des jupes.

Ces produits sont principalement en vente sur le web, mais Déborah Cherenfant caresse le projet d’avoir un jour sa propre boutique pignon sur rue.

Son amour pour les tissus, spécialement africains, l’a inspiré à créer son atelier Coloré design en 2012 après une tentative peu concluante d’apprendre à coudre afin d’honorer sa grand-mère couturière.

«J’ai acheté deux machines sur Kijji. Très rapidement, j’ai abandonné le désir de coudre. J’ai réalisé que ce n’était pas ma force, d’où la nécessité d’embaucher des couturières», raconte-t-elle en riant.

Atelier en Haïti

Depuis quelques années, Déborah Cherenfant planche aussi sur la construction d’un petit atelier à Port-au-Prince où travailleraient des femmes atteintes du VIH.

Un projet qui a grandi grâce à sa mère, psychologue depuis une trentaine d’années auprès de femmes atteintes du sida.

Elle lui a proposé d’offrir de la formation en entrepreneuriat à ces femmes fréquentant une association qui leur vient en aide en Haïti.

«J’ai vu plus loin et je me suis dit pourquoi ne pas créer un atelier pour leur permettre d’utiliser leurs atouts et leurs compétences», explique Déborah.

Son atelier pourrait voit le jour en septembre 2017 si les tests de production sont concluants.

Financement

Dès l’âge de huit ans, Déborah rêvait de devenir une femme d’affaires.

«Je gardais toujours de l’argent de poche. À 10 ans, je vendais du chocolat. Je faisais aussi des manucures et pédicures à mes tantes et je me faisais payer», raconte-t-elle.

Dans le but d’atteindre son rêve, Déborah Cherenfant a déménagé à Montréal en 2005 pour étudier à l’UQAM et ensuite à HEC.

Elle a ensuite travaillé en démarrage d’entreprise au sein de différentes institutions.

Malgré ces années d’expérience dans le milieu entrepreneurial, Déborah Cherenfant a fait face à des obstacles quand elle a voulu se lancer en affaires.

Elle a notamment essuyé plusieurs refus auprès de banques pour du financement. Déborah Cherenfant a donc dû piger dans ses poches pour lancer son entreprise.

Aux femmes qui souhaitent se lancer en affaires, elle leur dit d’oser, et d’essayer avant tout. «Il faut le tester. Il faut qu’on le sente et qu’on le touche pour voir si ça colle à notre personnalité», fait valoir l’entrepreneure d’Outremont.

«Tornade entrepreneuriale»
La Fondation Y des femmes compare Déborah Cherenfant à une «tornade entrepreneuriale». L’organisme, qui aide à l’intégration socio-économique des femmes montréalaises, lui a remis en septembre dernier un prix pour son engagement social en entrepreneuriat.

La Montréalaise accorde une grande importance à la représentation des femmes en entreprise.

«Dès l’adolescence, j’ai pris conscience que les femmes dans le milieu des affaires ne gagnent pas le même salaire et ne sont pas traitées de la même façon, dont en matière d’information où on va moins les mentionner comme expertes», soutient-elle.

Une sensibilité qui est au cœur de ses projets. Avec son blogue Mots d’elles lancé en 2011, l’entrepreneure de 31 ans met de l’avant des modèles féminins en affaires. Du côté de son entreprise Coloré design, elle embauche uniquement des femmes issues de l’immigration.

Pour consulter le catalogue web de Déborah, visitez le: coloredesign.ca

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