TC Media – Isabelle Bergeron La communauté hassidique prévoit contester le règlement d'Outremont devant les tribunaux.

À peine 24 heures après l’entrée en vigueur du règlement interdisant l’ajout de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, la communauté hassidique d’Outremont envisage une possible contestation judiciaire.

Le règlement a été adopté dimanche après la victoire du «oui» au référendum du 20 novembre. Sur un total de 2 773 votes, 56% des voix étaient en faveur du règlement contre 44% en défaveur. Le taux de participation s’élève à 60%.

Quelque 4 552 électeurs étaient appelés à se prononcer sur le règlement adopté à majorité en octobre dernier par les élus d’Outremont

Contestation

Déçu du résultat, le président de la Coalition des organismes hassidiques d’Outremont, Alex Werzberger, indique que la communauté hassidique réfléchit à une contestation judiciaire.

«On veut aller en cour. On a parlé à beaucoup d’avocats et ils disent que ça va définitivement contre les chartes des droits et libertés du Canada et du Québec», fait-il valoir.

Un autre leader hassidique, Abraham Ekstein, a aussi signifié aux médias l’intention de contester le règlement devant les tribunaux.

Devant l’intention de la communauté juive hassidique de faire potentiellement appel aux tribunaux, la mairesse Marie Cinq-Mars affirme que si des personnes veulent aller en l’encontre du choix de la population, qu’elles le fassent.

«On vit dans une société de droit, s’ils ont le droit de le faire, qu’ils le fassent. On vivra avec», déclare-t-elle.

Par ailleurs, la politicienne a qualifié le résultat du référendum de «victoire significative», ajoutant que la population envoie le message qu’elle souhaite une avenue Bernard avec une trame commerciale en continu sans interruption.

«On ne vise pas une confession religieuse. On vise tout simplement à contrer une prolifération de lieux de culte», fait valoir la mairesse.

Manque de consultation

La conseillère Mindy Pollak, seule élue avoir voté contre le règlement, croit que d’autres alternatives à l’interdiction auraient dû être explorées comme permettre un usage «lieux de culte» au deuxième étage des immeubles, mais l’interdire au rez-de-chaussée.

«Il y a eu manque de consultation, manque d’études, manque d’ouverture, manque de volonté de s’asseoir et de trouver une solution», affirme-t-elle.

L’entrée en vigueur du règlement n’empêchera pas la venue d’un nouveau bain rituel juif, utilisé pour la purification dans le judaïsme (appelé «Mikvé»), sur l’avenue Bernard, à l’angle de l’avenue Champagneur, puisque le permis a été accordé avant le dépôt du règlement, confirme l’arrondissement.

Toutefois, la demande de permis pour une synagogue au même endroit, déposée en avril, est toujours à l’étude par les avocats de la Ville de Montréal.

Alternatives

Mme Cinq-Mars dit vouloir s’asseoir avec la communauté hassidique afin de trouver un autre secteur où l’installation d’une nouvelle synagogue sera possible.

Le secteur au bout de l’avenue Durocher pourrait être une alternative. M. Werzberger estime que les autres espaces suggérés par l’arrondissement sont trop loin, car selon la bible, les juifs orthodoxes ne peuvent utiliser la voiture lors du Chabbat et des fêtes juives.

Le porte-parole du comité de citoyens pour l’interdiction, Daniel Major, ne croit pas les relations seront plus tendues avec la communauté hassidique.

«Ça va être la même chose. Ça ne changera absolument rien. On ne se parlera pas plus. Honnêtement, on n’a pas de relations avec la communauté, même si on en veut», dit-il.

De son côté, la mairesse Cinq-Mars affirme qu’il est temps d’entamer une réflexion sur le vivre ensemble.

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