Gracieuseté Sylvain Bellemare, nommé aux Oscars dans la catégorie «meilleur montage sonore» pour Arrival de Denis Villeneuve, a fréquenté l’école Paul-Guérin-Lajoie d’Outremont 1980 à 1985.

Derrière «meilleur montage sonore» – une des huit catégories dans lesquelles le film Arrival (V.F. L’arrivée) du cinéaste québécois Denis Villeneuve est en lice aux Oscars – se trouve Sylvain Bellemare et son équipe. Déjà lorsqu’il était sur les bancs de l’école Paul-Guérin-Lajoie d’Outremont, le jeune étudiant était captivé par le septième art et fasciné par l’univers du son.

Arrival, c’est du jamais-vu au Québec dans le domaine du son», observe ’emblée Sylvain Bellemare.

Quelques jours suivant l’annonce de la nomination, il confie que l’expérience est à la fois excitante et étourdissante.

«Je partage le crédit avec toute l’équipe. Un film, ça se fait à plusieurs; j’étais le chef d’orchestre et j’avais d’excellents solistes, image-t-il.

D’instinct

Denis Villeneuve et Sylvain Bellemare, qui se connaissent depuis le début des années 90, en sont à leur cinquième collaboration avec Arrival.

«On a une camaraderie très forte. Même dans une grosse machine comme celle-là, on a notre intimité à nous, toute simple. Denis est un cinéaste traditionnel, dans le bon sens du terme. Il a cette envie de prendre des grandes histoires, de faire des films grandioses et les gens ont le goût de faire des films avec lui.»

Ce lien qu’il partage avec le réalisateur est un avantage, selon Sylvain Bellemare, puisque son travail, tout en nuances, repose en grande partie sur l’instinct.

«Il y a deux lignes directrices: bien comprendre le scénario et surtout, bien comprendre le réalisateur. C’est difficile de mettre en mots ce qu’il veut faire avec le son. Il faut essayer de voir le chemin à prendre, à partir de ce qu’il aime et de ce qu’il n’aime pas.»

Plutôt que d’envisager l’univers sonore en tant qu’accessoire, M. Bellemare le conçoit comme un personnage. «Il a ses émotions, ses mouvements, ses rythmes. Le son au cinéma, c’est poser un geste artistique.»

Au cœur de notre civilisation habituée à comprendre le monde par les yeux, l’ingénieur du son explique qu’il «joue sur d’autres registres; c’est un phénomène plus abstrait, proche de l’inconscient».

Son métier, essentiel au milieu cinématographique, demeure méconnu pour plusieurs. Artisan de l’ombre, le chef monteur sonore travaille à partir d’une matière qui, techniquement, est séparée de l’image.

Sylvain Bellemare est entré dans le monde du cinéma par la porte de côté, après avoir complété un DEC en communication et des études universitaires en anthropologie. «J’avais besoin d’élargir ma culture, mais mon objectif était le cinéma. Très jeune, le son m’intéressait pour toutes sortes de raisons. J’étais très attiré par ça», raconte celui qui est dans la course aux Oscars avec d’autres nommés d’Arrival.

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