Pour avoir agressé sexuellement trois jeunes patientes entre 1996 et 2008, le gynécologue Kamal Maraghi a été radié à vie du Collège des médecins. Le résident de VMR et ancien professeur à l’Université McGill  doit maintenant faire face à des accusations criminelles.

Le Collège des médecins a été catégorique dans sa décision de radier à vie le gynécologue de Ville de Mont-Royal Kamal Maraghi, dénonçant le caractère «ignoble» des agressions sexuelles qu’il a commises à l’endroit de trois de ses patientes. L’ex-médecin s’est aussi vu imposer trois amendes de 4500$.

Il a été officiellement accusé de trois chefs d’agressions sexuelles le 9 mars pour les événements survenus en 1995, 2004 et 2008 sur trois patientes âgées de 19, 20 et 29 ans. Maraghi a notamment pincé le clitoris d’une patiente, fait des mouvements de va et viens avec ses doigts dans le vagin d’une autre et questionné au moins une d’entre-elles  sur ses positions sexuelles favorites.

Dans son jugement daté du 17 mars, le Conseil de discipline du Collège des médecins statue que Kamal Maraghi est «indigne de pratiquer la médecine».

Le jugement tient compte de plusieurs facteurs tels que «la nature des infractions, le nombre de victimes, le degré de responsabilité de l’intimé, la vulnérabilité des patientes au moment où les gestes sont posés et les paroles prononcées». Le Collège souligne aussi les conséquences «tant chez les personnes directement visées, que le public et l’image de la profession».

L’audience disciplinaire du gynécologue a eu lieu le 18 janvier et la cause a été prise en délibéré le 26.

Dans sa décision de 32 pages, le Collège mentionne le courage des victimes dans la présente affaire, affirmant qu’elles ont témoigné «avec aplomb, crédibilité et cohérence. Le Conseil a senti et compris la détresse, la honte et la rage que certaines d’entre elles ressentent encore aujourd’hui, plus de vingt ans après les évènements».

Rejet des facteurs atténuants

L’homme de 75 ans a tenté de faire reconnaître des éléments pour réduire la sanction du Collège, par le biais de plusieurs documents.

Parmi ceux-ci, une évaluation de la qualité de son enseignement à la faculté de médecine de l’Université McGill ainsi qu’une lettre de cessation volontaire de ses activités au département d’obstétrique et de gynécologie de l’Hôpital St-Mary’s. Maraghi a aussi souligné qu’il avait fait l’objet d’une couverture médiatique de la part de la presse écrite. Aucun de ces facteurs n’a été retenu par le Collège des médecins.

«Tolérance zéro»

Le Conseil de discipline du Collège des médecins a réaffirmé sa position de «tolérance zéro» envers ses membres qui commettent de telles infractions et souligné des facteurs aggravants, puisque les victimes sont «de jeunes patientes, en situation de vulnérabilité imposée par le contexte inconfortable et invasif propre à l’examen gynécologique.»

Son dossier revient devant les tribunaux le 18 avril.

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