Gracieuseté Albert Mondor est un véritable passionné de l'horticulture depuis une trentaine d'années.

L’intérêt pour l’horticulture serait en pleine croissance chez la génération des milléniaux  selon le jardinier monterois Albert Mondor. Un phénomène qui s’expliquerait notamment par un intérêt grandissant des jeunes envers l’agriculture urbaine.

La popularité qu’a connue l’horticulture durant les années 90 s’est estompée avec l’arrivée de nombreuses émissions de cuisine sur les écrans du Québec. Mais un nouvel élan se pointe à l’horizon pour le jardinage, estime le résident de VMR.

«Depuis quelques années, les milléniaux s’intéressent énormément à l’agriculture urbaine et à l’horticulture. Ils sont fous de ça», note-t-il.

Les «vingtenaires» et les trentenaires pratiquent l’horticulture différemment des baby-boomers qui se sont surtout intéressés à «l’ornementale», soit à l’aspect plus esthétique des fleurs.

«Les jeunes font ça dans des lieux exigus, sur les balcons, les terrasses, les murs et les toits. Ils vont s’intéresser particulièrement à toutes plantes comestibles. Pour eux, une plante ne doit pas être juste belle, elle doit être utile», fait valoir le créateur de jardins.

Preuve que cette génération est au rendez-vous lorsqu’il est question d’horticulture: Albert Mondor a récemment fait salle comble pour une conférence sur l’agriculture urbaine à l’Université du Québec à Montréal. Les quelque 120 billets disponibles se sont vendus en l’espace d’une heure.

Nouvelle vague

L’effervescence autour de l’agriculture urbaine s’inscrit dans ce qu’on appelle l’horticulture nouvelle vague. Un thème que le spécialiste abordera  à l’occasion d’une conférence à la bibliothèque Reginald-J.P. Dawson, le 26 avril.

«Dans ma conférence, je propose toutes sortes de façons de cultiver les végétaux comestibles ou non lorsqu’il y n’y a pas de sol, sur les murs, les toits, en pots, en bacs, sur des tables et des colonnes végétalisées», explique M. Mondor.

Selon lui, végétaliser les immeubles permet aussi de protéger les matériaux, de dépolluer l’air et de fournir de l’oxygène.

«C’est fascinant ce qu’on peut faire avec des plantes sur des bâtiments», évoque le jardinier qui suggère aussi l’utilisation de nouveaux matériaux tels que le saule et le verre concassé pour des aménagements paysagers.

Passion

De la pépinière de son oncle et de sa tante de Saint-Ferdinand où il a appris plus jeune son métier à ses chroniques horticoles dans les médias, le Monterois vibre depuis trente ans pour le jardinage.

«C’est un contact privilégié avec la nature. Les mains dans la terre à écouter les oiseaux chanter, à regarder les abeilles butiner, sentir le parfum des fleurs et à manger un bon concombre qu’on a cultivé soi-même, je suis heureux. Je suis à ma place», témoigne-t-il.

Bachelier en biologie végétale, M. Mondor détient sa propre entreprise d’aménagement de jardins.

Il transmet aussi sa passion par l’entremise d’un blogue, intitulé Horticulture extrême, et d’une page Facebook sur laquelle les internautes lui posent différentes questions qui portent principalement sur les types d’engrais à utiliser et comment combattre les insectes ravageurs.

Clôture formée avec des branches de saule.

L’horticulture en 2017

Le jardinier Albert Mondor évoque quatre grandes tendances horticoles qui font partie de la «nouvelle vague».

  • De nouveaux matériaux: Le verre concassé et le saule ont la côte pour les aménagements paysagers. Les branches de saule peuvent servir à la construction d’une clôture alors que le verre broyé peut être utilisé pour créer un sentier.
  • Les jardins miniatures:Plus besoin d’avoir un immense terrain pour créer son propre jardin. Il existe des plantes miniatures que nous pouvons cultiver dans les endroits les plus restreints tels qu’un bouchon de liège, des éprouvettes ou une tasse.
  • Le «Hygge»:Le jardin n’est plus seulement un moyen d’embellir la maison. Il s’agit maintenant d’un lieu de rassemblement et de réconfort, avance Albert Mondor. Certains s’inspirent de l’art de vivre danois, le «hygge», pour aménager un jardin douillet et chaleureux avec des chandelles, par exemple. Le style «hygge» est en quelque sorte la recette du bonheur au Danemark. Il suffit de miser sur des petits moments de détente pour être heureux.
  • Agriculture urbaine:Cultiver des végétaux comestibles chez soi atteint un sommet inégalé, selon Albert Mondor. Les jeunes particulièrement sont friands de l’agriculture urbaine.

Plan d’urbanisme de VMR: des efforts intéressants

Résident de Ville de Mont-Royal depuis une décennie, Albert Mondor estime que la mise à jour du plan d’urbanisme de la municipalité, adoptée à la fin mars, va dans la bonne direction puisqu’il vise à mieux protéger les arbres.

«On fait des efforts très intéressants à Ville de Mont-Royal. On a des élus qui sont très ouverts et même convaincus de la présence des végétaux», croit-il.

L’horticulteur salue aussi la nouvelle réglementation qui restreint l’installation de pavé uni autour des résidences au profit de plantes ou de gazons. «Je suis de ceux qui croient qu’actuellement,  il y a beaucoup trop de gris dans l’aménagement paysager traditionnel. Il faut ramener le vert», dit-il.

M. Mondor espère que la Ville considérera de son côté l’option d’un toit ou de murs végétalisés pour le futur centre sportif.

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