Un grand local de la rue St-Urbain dans le Mile-End contient à lui seul presque l’entièreté de l’histoire d’Outremont. Des milliers de boîtes numérotés et de documents y sont empilés. Chacun évoque un pan du passé de l’arrondissement. Dans le cadre de la journée internationale des archives, Outremont nous a ouvert les portes de sa mémoire collective.

Les archives de l’arrondissement comptent environ 52 000 inscriptions. Des factures, des plans d’aménagement et d’architecture, des procès-verbaux, des photos ainsi que des coupures de journaux sont quelques-uns des documents qu’on peut retrouver dans les archives d’Outremont.

«Si on met les contenants côte à côte, il y en a sûrement pour un kilomètre», illustre le chef du service des archives de l’arrondissement, Jean Leblanc, pour parler du nombre important de boîtes.

«On a tout ce que peut produire l’administration», précise M. Leblanc.

En plus de documents numérisés, l’arrondissement détient des reportages de la défunte télévision communautaire d’Outremont, disparue à la fin des années 1990. Des fonds privés s’ajoutent aussi aux archives. L’ancien maire Pierre Des Marais a notamment remis des documents en lien avec son parti politique.

«Une mine d’or»

Aux yeux de la mairesse Marie Cinq-Mars, toutes les informations préservées peuvent être utiles lorsque vient le temps de faire un travail de toponymie.

«C’est une mine d’or pour notre mémoire collective», soutient-elle.

Pour Jean Leblanc, les archives témoignent du rôle de la Ville et de l’évolution de la société.

«Avec les procès-verbaux, par exemple, on voit les intérêts et les modes de vie des différentes époques», dit-il.

À la tête du service depuis bientôt 30 ans, il a en quelque sorte mis au monde ce département. À son arrivée, les archives d’Outremont étaient désorganisées.

«Il n’y avait pas de gestion à proprement dit. Ce n’était pas très structuré», se souvient M. Leblanc.

Destruction

Seulement 5% à 10% des documents seront conservés pour l’éternité.

Chaque année, Jean Leblanc et son adjointe doivent détruire plusieurs fichiers qui s’accumulent au local de la rue St-Urbain. «Sinon, on manque de place», indique-t-il.

Après un certain temps, de nombreux renseignements sont déchiquetés puisqu’ils deviennent inutiles.

En se basant sur leur calendrier de conservation, le service des archives prend en compte trois critères pour juger de la pertinence d’un document, soit leurs valeurs légale, financière et historique.

Pour les fichiers restants, ils doivent être logés dans un environnement bien tempéré de 21 degrés Celsius.

«Le taux d’humidité ne doit pas trop varier afin que les photos et les papiers ne se détériorent pas et aussi pour éviter la moisissure», explique M. Leblanc.

Un seul endroit

À l’heure actuelle, les archives d’Outremont sont conservées à l’intérieur de trois immeubles différents, dont le principal est le 6600 rue St-Urbain. L’hôtel de ville et un local de la Sécurité publique d’Outremont hébergent aussi une partie des archives. Cette situation pose toutefois une problématique d’accessibilité pour les citoyens et les employés.

La mairesse Marie Cinq-Mars aimerait que les archives soient regroupées à un même endroit à l’îlot St-Viateur où logera bientôt la future Maison internationale de la marionnette. Une étude, réalisée il y a quelques années, confirme que le projet est possible, mentionne Mme Cinq-Mars. Elle laisse maintenant au prochain conseil d’arrondissement de décider du sort de ce projet.

 

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