Patrick Sicotte | TC Media Robert Goyer apprécie fabriquer des meubles dans le sous-sol de sa maison.

Retraité depuis plusieurs années, Robert Goyer continue de recevoir les honneurs pour sa carrière. L’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) lui a récemment décerné une toute nouvelle distinction qui souligne son parcours marqué par l’enseignement et la philanthropie.

Le Monterois porte maintenant le titre de Fellow, une reconnaissance créée cette année par l’OPQ afin de reconnaître les pharmaciens engagés et agissant comme modèles pour leurs pairs.

Pendant près de quatre décennies, l’homme de 79 ans a transmis son bagage aux futurs pharmaciens à l’Université de Montréal.

«De tout ce que j’ai fait dans ma vie, ce que j’ai le plus aimé, c’est enseigner, souligne-t-il. C’est extraordinaire. Tu es payé pour apprendre et partager».

Le poste de professeur lui a donné une grande satisfaction. «Je pouvais travailler loin des vases clos. Je pouvais essayer de nouvelles approches pour les étudiants», soutient-il.

Vice-rectrice adjointe à la promotion de la qualité à l’UdeM, Claude Mailhot se souvient de son enseignement en pharmacologie alors qu’elle était étudiante dans les années 1970.

«Il avait beaucoup de charisme. C’était un bon pédagogue, mais surtout c’était un prof motivé et motivant pour apprendre. Il nous rendait la matière plus intéressante», témoigne-t-elle.

Philantrhopie
Après avoir obtenu son permis en 1966, Robert Goyer n’a pratiqué en pharmacie que quelques mois. À la même époque, le résident de Ville de Mont-Royal a pris part à la Commission royale d’enquête sur les services de santé à titre de chercheur.

M. Goyer a aussi travaillé auprès de l’industrie pharmaceutique pour laquelle il a mené des activités de recherche pour le développement de nouveaux produits.

Toujours attaché à l’UdeM, le professionnel de la santé a été nommé doyen de la Faculté de pharmacie de 1994 à 2001. Sous sa gouverne, plusieurs chaires et nouveaux programmes ont été mis sur pied pour répondre aux besoins de l’industrie pharmaceutique et des hôpitaux.

«Il a amené la faculté à un autre niveau. Elle s’est ouverte à d’autres milieux», indique Mme Mailhot, qui décrit Robert Goyer comme un visionnaire, un rassembleur et une personne d’action.

Durant son mandat, M. Goyer a su aussi aller chercher des fonds pour la faculté. Président de cabinet d’une campagne de financement aux débuts des années 2000, il a convaincu la Fondation Marcelle et Jean Coutu de remettre 12,5 M$ pour un nouveau pavillon. Il s’agit du don le plus important de l’histoire de la faculté.

«Je ne suis pas gêné d’aller demander des sous à des gens pour leur université parce qu’ils ont pu réaliser une belle carrière grâce à ses programmes de recherche et d’enseignement», fait-il valoir.

Pour le remercier des dons récoltés, l’UdeM a créé un fonds à son nom. Chaque année, une bourse est remise à un étudiant inscrit aux cycles supérieurs dans le cadre d’un projet communautaire.

Ébénisterie
En dehors du milieu médical, M. Goyer affectionne particulièrement l’ébénisterie, notamment pour l’odeur du bois. Avant de prendre sa retraite, il avait pris des cours à l’école du meuble de Montréal.

Depuis, l’homme tient un atelier dans le sous-sol de sa maison où il fabrique des meubles pour des membres de sa famille.

«Ça me calme. J’adore d’être dans l’atelier. J’écoute Radio-Canada tranquille», mentionne-t-il.

Atteint de la maladie de Parkinson, M. Goyer doit ralentir la cadence de production, tout comme il doit cesser de faire de la broderie.

Chaque semaine, il peut cependant toujours pratiquer la danse moderne afin de favoriser les extensions et maintenir la force musculaire.

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