Gracieuseté - Michel Paquet Denise Boucher est l'une des trois nouvelles personnalités canadiennes à faire son entrée dans les pages du Larousse. L'anthropologue Margaret Lock et l'endocrinologue d'Outremont Michel Chrétien sont du nombre.

L’œuvre de l’écrivaine et poète Denise Boucher est maintenant reconnue dans le Petit Larousse illustré 2018. Le nom de l’Outremontaise s’inscrit dans les pages du dictionnaire, où elle rejoint son concitoyen, le docteur Michel Chrétien. Dans sa notice biographique, l’ouvrage évoque sa pièce de théâtre féministe Les fées ont soif , créée en 1978. L’oeuvre avait suscité un tollé chez une frange de la population. L’histoire, qui mettait en scène une Vierge Marie, une prostituée et une mère, représentait la place de la femme dans la société à cette époque.

Que représente pour vous cette entrée dans le dictionnaire?

Je suis contente parce que l’année prochaine marquera les 40 ans de Les fées ont soif. La pièce a été reconnue très vite, mais comme sacrilège. Maintenant, ça s’inscrit comme une œuvre classique. C’est comme si ça effaçait la tache originelle qui l’avait frappée. Le livre avait été interdit et j’avais été traînée en cour pendant six mois par les Jeunes canadiens pour une civilisation chrétienne. Ils m’avaient accusé de blasphème.

«C’est une chance quand, tout à coup, quelqu’un décide en secret de t’inscrire dans un dictionnaire et donc de marquer aux yeux de tous l’importance de ton œuvre. C’est rassurant. Ça dit qu’on a bien fait de tenir le coup.» — Denise Boucher

Pourquoi cette pièce a-t-elle causé une controverse?

C’était une pièce complètement athée. Ce n’était pas contre les curés. C’était contre le fait que la religion soumettait les femmes à des rôles dont elles n’avaient pas envie.

Est-ce le moment le plus marquant de votre carrière?

C’est le plus brutal, disons. C’était une période difficile parce que c’était une époque où on commençait à prendre notre liberté de parole. Pour moi, tous les moments d’écriture ont été marquants parce qu’ils ont aussi marqué les autres.

Quelle est la grande fierté de votre carrière?

Il n’y a rien qui m’a rendu le plus fier que de vivre et d’être capable de vieillir. J’ai aimé être jeune et j’aime beaucoup aussi avoir 82 ans. Ma grande fierté, c’est de pouvoir faire des choses et d’avoir pu faire des livres, des chansons (pour Gerry Boulet, Dan Bigras, Louise Forestier…) et du théâtre. Je suis fière de tout ça.

Quels sont vos projets?

J’ai un roman en marche et toujours des poèmes sur la table. J’ai aussi l’écriture de paroles d’une chanson pour un film. C’est en négociation.

Notice biographique

«BOUCHER (Denise), Victoriaville, 1935, écrivaine canadienne de langue française. Son théâtre revisite les archétypes féminins pour une critique du patriarcat et de tous les conformismes. (<@Ri>Les fées ont soif, 1978). Elle est aussi poétesse (<@Ri>Grandeur nature, 1993). Parolière et romancière (Au beau milieu, la fin, 2011).»

 

 

 

 

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