Gracieuseté Une équipe de chercheurs découvre un moyen de ralentir la réplication du virus dans l’intestin des personnes séropositives.

Des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) sont sur la piste d’un nouveau traitement qui permettrait de contrôler la réplication du virus du SIDA, voire de le guérir. L’Express Outremont s’est entretenu avec Petronela Ancuta, chercheuse et professeure à la Faculté de Médecine de l’UdeM.

L’Express Outremont: Qu’avez-vous découvert ?

Petronela Ancuta: Il existe des thérapies antirétrovirales qui fonctionnent bien, mais certaines personnes ne récupèrent pas leurs fonctions immunologiques, car le virus arrive tout de même à survivre dans certains organes.

Nous avons découvert une molécule nommée mTOR dans le colon qui favorise la réplication du VIH dans des cellules de l’intestin en les rendant très vulnérables au virus qui continue alors de se multiplier. En ciblant directement cette molécule, on peut freiner le processus dans l’intestin.

E.O: À quoi cette découverte pourrait-elle mener ?

P.A: On est présentement en train de tester des médicaments pour bloquer l’activation de mTOR qui, ultimement, pourrait stopper le virus. Le traitement, couplé à la thérapie antirétrovirale, pourrait diminuer l’inflammation intestinale vécue par les personnes malades.

E.O: Pourquoi l’intestin est-il ciblé?

P.A: On sait que le VIH provoque une altération de la digestion, la diarrhée. On s’est donc intéressé à l’intestin, qui est composé de nombreuses cellules immunitaires, de bactéries et de pathogènes. Les cellules du système immunitaire de l’intestin sont toujours activées et sont en état de défense permanent. Cela en fait un terrain idéal pour la multiplication du virus, notamment par la molécule mTOR que nous avons découverte.

E.O: Quelle est la prochaine étape ?
Nous sommes à la phase d’essais cliniques sur les patients, coordonnée par Jean-Pierre Routy à l’Institut de recherche du Centre université de santé McGill (IR-CUSM). On en a encore pour deux ans avant d’arriver à l’analyse complète des résultats.

Cependant, la recherche est très mal financée au Canada avec 10% de réponses positives pour une demande de fonds. Cela retarde vraiment les avancées en santé et peut démotiver les nouvelles générations à se lancer en recherche. Je m’estime chanceuse d’avoir obtenu une subvention de l’Institut de recherche en santé du Canada (IREC) à hauteur de 250 000 $ pour cette étude pilote, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Idée reçue
Le VIH ne peut pour le moment pas être complètement éradiqué, il peut simplement être contrôlé ou freiné. Le seul cas connu de guérison connu, Timothy Brown dit le patient de Berlin, est presque impossible à reproduire. M. Brown avait subi une transplantation de moelle osseuse d’un donneur qui portait également une très rare mutation génétique.

En chiffre

À la fin de l’année 2014, le nombre estimé de personnes vivant avec le VIH au Canada se situait entre 54 000 et 76 000. On estime qu’un Canadien infecté au VIH sur cinq n’a pas été diagnostiqué.

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