Gracieuseté - Julia Marois Le chef de l'OSM, Kent Nagano.

Dans un souci de rapprochement avec la communauté, le maestro Kent Nagano prendra les rênes de l’Orchestre de l’Université de Montréal (OUM), le temps d’un concert. Il rendra un vibrant hommage aux 500 ans de la réforme religieuse de l’Allemand Martin Luther à l’origine du protestantisme.

Le chef et directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) dirigera pour  la première fois les 70 musiciens de l’OUM à la salle Claude-Champagne, à Outremont, le 9 décembre.

Avant son départ prévu en 2020, maestro Nagano souhaitait collaborer au moins une fois avec l’Orchestre de l’Université de Montréal. Par ce concert présenté à guichet fermé, le grand spécialiste de la musique classique veut renforcer la relation avec les  institutions d’éducation de la métropole.

«Pendant la période que je suis ici, j’essaie de faire au moins un projet avec chaque université et les étudiants. J’ai pensé qu’il était important de partager les idées de l’OSM avec les jeunes musiciens qui, espérons, viendront dans le futur remplir nos grands orchestres», explique-t-il, après avoir collaboré avec l’Université McGill et le Conservatoire.

Martin Luther

C’est lui-même qui a proposé au chef et directeur artistique de l’OUM, Jean-François Rivest, de prendre la barre de son ensemble et de présenter un programme soulignant l’anniversaire de la réforme de Martin Luther, un théologien allemand qui a jeté les bases du protestantisme. La musique lui a servi de véhicule de communication alors qu’il composait ses propres chants liturgiques.

«Luther a beaucoup simplifié l’idée de la musique. Ses chorales sont écrites de manière à comprendre et apprendre facilement le texte. C’est très lyrique et mélodique», évoque maestro Nagano.

Le spectacle s’articulera autour de trois pièces sur une durée d’environ deux heures.

L’orchestre et son chef débuteront par un morceau du compositeur français et catholique Olivier Messiaen.

«Il faut dire que Nagano est un des plus grands spécialistes au monde de la musique de Messiaen. C’est vraiment incroyable comment il dirige ça. Il rend ça extrêmement vivant et beau», décrit M. Rivest, qui a été le bras droit de Kent Nagano à l’OSM pendant trois ans.

Le concert se poursuivra avec la musique du compositeur allemand Jean-Sébastien Bach, un luthérien, avant de terminer avec la Symphonie no 5 «Réformation», de Felix Mendelssohn qui s’est converti au protestantisme.

Fébrilité

Pour les étudiants, l’expérience sera sans aucun doute marquante.

«Il y a plusieurs dimensions d’excitation. L’une d’elles est certainement d’être dirigé par le grand chef d’orchestre, mais aussi de bénéficier de son approche musicale qui est différente et personnelle», mentionne M. Rivest.

Selon lui, la fébrilité se fait déjà sentir alors que ses protégés commenceront à pratiquer avec le maestro Kent Nagano ce vendredi.

Celui-ci soutient que diriger un orchestre dont on connaît peu les membres ne change rien à la préparation.

«Quand on joue de la musique, on fait le plus haut standard. Le travail va de l’essai à la perfection. La préparation ou la façon dont on répète est pareille à tous les niveaux», dit-il.

Après ce concert avec l’OUM, Kent Nagano terminera l’année avec six autres concerts avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Le 10 décembre, il soulignera les 150 ans de la Confédération canadienne. Le maestro présentera ensuite le spectacle Magnificat de Bach, les 12 et 13 décembre. Finalement, du 19 au 21 décembre, il interprétera des œuvres folkloriques et symphoniques pour accompagner la lecture du conte de Noël de Michel Tremblay Le diable en canot d’écorce, raconté par Laurent Paquin.

 

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