TC Media – Frédéric Lacroix-Couture La bibliothèque Robert-Bourassa s'est transformée en centre d'hébergement avec la présence d'au moins une centaine de lits dès le déclenchement des mesures d'urgence.

Il y a 20 ans, Outremont était en grande partie plongée dans le noir et recouverte de glace alors qu’il était tombé jusqu’à 100 mm de pluie verglaçante entre le 5 et 10 janvier 1998. À peine construite et avant même d’être remplie de livres, la bibliothèque Robert-Bourassa a servi de refuge à des dizaines de personnes sans électricité.

Gilles Lefort a été un de ceux responsables d’accueillir ces citoyens. Responsable des loisirs de la Ville d’Outremont à l’époque, son rôle lors de la crise du verglas est devenu celui de coordonnateur des mesures d’urgence pour la municipalité.

Il a tout mis en place pour transformer la bibliothèque en centre d’hébergement pendant près de deux semaines. «Il y avait des étagères, mais pas encore de livres. On avait beaucoup de locaux libres. On a donc acheté des lits et on avait établi que la salle de la galerie d’art devenait la cafétéria. On avait aussi fait venir des toilettes chimiques», détaille M. Lefort.

Les personnes âgées dormaient pour la plupart au deuxième étage où logeaient les bureaux des employés tandis que les autres réfugiés prenaient place au rez-de-chaussée.

L’endroit était parmi les seuls édifices publics d’Outremont desservi par le courant possiblement en raison de sa proximité avec la caserne de pompiers.

M. Lefort et les autres membres de sa petite équipe ont passé tour à tour plusieurs nuits à la bibliothèque pour réconforter les sinistrés.

«L’ambiance était bien. Les gens réalisaient ce qui leur arrivait. On avait une télévision et les gens suivaient la situation. Quand on voyait des personnes qui avaient un peu plus de misère, on allait jaser avec eux», se remémore l’homme de 82 ans.

Comme des coups de feu

L’ancien fonctionnaire se souvient aussi de l’état des rues outremontaises en raison des nombreuses branches qui jonchaient le sol.

«C’était dangereux d’y circuler à ce moment-là. Quand les branches brisaient et tombaient, on pensait que c’était des coups de feu. C’était pareil», raconte M. Lefort.

Comme dans d’autres secteurs, l’intervention de l’armée a été nécessaire à Outremont pour nettoyer les voies.

Toujours prêt

Aux dires de M. Lefort, Outremont était bien préparée pour faire face à une telle crise météorologique. Vingt ans plus tard, si la situation venait à se reproduire un centre de coordination local serait installé aux bureaux de la sécurité publique d’Outremont.

«De là se prendraient les décisions et communications entre les différents services et le centre de sécurité civile de la Ville de Montréal. Un centre d’hébergement serait possiblement ouvert au Centre Communautaire intergénérationnel afin d’accueillir les gens dans le besoin», explique le porte-parole de l’arrondissement, Sylvain Leclerc.

Outremont estime que la coordination et l’échange d’informations entre les différents services seraient meilleurs qu’en 1998 grâce à l’implantation récente de la plateforme Logimu.

Cet outil du Centre de sécurité civile de la Ville de Montréal vise à communiquer directement avec les responsables des arrondissements en cas de mesures d’urgence, à en plus de contenir divers plans d’intervention.

 

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