TC Media - Josie Desmarais Les voix continuent de s'élevées contre la fusion du conseil d'administration et de la direction du CHU Sainte-Justine avec le CHUM.

Après la CSN, trois nouvelles organisations syndicales se joignent au mouvement contre le regroupement de l’administration du CHU Sainte-Justine au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). La FTQ, les Médecins québécois pour le régime québécois (MQRP) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) réclament le retour d’une pleine autonomie pour le centre mère-enfant.

Ces voix s’ajoutent aux associations de parents, infirmières, médecins, pédiatres, partis de l’opposition et anciens politiciens.

«Ça montre l’ampleur du mouvement  social et que des gens de tous les horizons  disent qu’au Québec, on veut un hôpital qui est vraiment centré sur les mères et surtout les enfants», soutient la présidente du Conseil des médecins, des dentistes et pharmaciens (CMDP), Dre Valérie Lamarre.

Depuis le décret du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en septembre 2015 pour fusionner la direction et le conseil d’administration du CHUM et de Sainte-Justine, plusieurs craignent que l’expertise pédiatrique de l’établissement du chemin de la Côte-Sainte-Catherine se noie dans la médecine générale.

«Il ne faut pas que Sainte-Justine perde son âme. Il est le seul hôpital francophone  ultraspécialisé pour enfants en Amérique. Il ne peut pas être juste une parenthèse ou une annexe du CHUM. Sainte-Justine doit exister comme il est, en prenant ces propres décisions», a mentionné en conférence de presse, mardi matin, le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Le cabinet du ministre maintient que le regroupement administratif a été fait pour assurer un continuum de soins entre l’enfance et l’âge adulte et que cette décision n’empêche pas chacun des établissements d’avoir leur identité propre.

Poursuite

Se basant sur un avis juridique qu’il a demandé, le CDPM prévoit entamer des procédures en Cour supérieure pour faire annuler la décision de Québec d’ici la fin de la session parlementaire, en juin.

Le document préparé par l’avocat Sylvain Lussier du cabinet Osler, Hoskin & Harcourt conclut que le décret du ministre Barrette n’a pas respecté la loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux.

Selon lui, la décision du gouvernement libéral peut être annulée en raison d’absence de consultation auprès des conseils d’administration des établissements concernés comme le démontre la jurisprudence.  La CDPM soutient que personne des divers comités et conseils n’ont été consultés au CHU Sainte-Justine.

En septembre 2017, le président directeur-général du CHUM et du CHU Sainte-Justine, Dr. Fabrice Brunet, confirmait toutefois au Devoir que le regroupement a été fait à sa demande. «On m’a proposé de prendre [la direction] du CHUM, mais je leur ai dit que je ne voulais pas laisser Sainte-Justine. La solution qu’on a proposée, c’est un regroupement», affirmait-il.

L’attachée de presse du ministre Barrette, Catherine W. Audet, assure pour sa part que toutes les étapes et la législation ont été respectées au moment du décret.

Marche

La mobilisation se poursuivra le 6 mai avec la tenue d’une marche à Montréal sous le thème «Affaiblir Sainte-Justine: jamais!»

L’événement qui se veut familial débutera à la station de métro Édouard-Montpetit, à 11h. Les manifestants parcourront une distance d’un kilomètre jusqu’au CHU Sainte-Justine où plusieurs personnalités prendront la parole.

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