L'Express Outremont/Mont-Royal – Frédéric Lacroix-Couture L'entreprise Grand Cirque doit mettre la clé sous la porte faute de trouver un entrepôt répondant à ses besoins.

L’un des deux derniers immeubles à exproprier pour déployer le projet commercial et récréatif Royalmount, à l’angle des autoroutes 15 et 40, peut maintenant passer aux mains du promoteur. La Ville de Mont-Royal a conclu une transaction avec le propriétaire du 8307-8315 chemin Royden, au grand dam de petites entreprises, dont l’une d’elles doit fermer ses portes.

Les élus ont par le fait même autorisé, le 16 juillet, le paiement des dernières indemnités aux locataires et propriétaires qui totalisent 3,83 M$, incluant les premiers versements effectués en début d’année. Cette somme d’argent est remboursée par le promoteur Carbonleo qui a ensuite acheté le bâtiment à la municipalité.

Les cinq occupants auront quitter d’ici le 31 août. Parmi ceux-ci, il y a les Ateliers du Grand Cirque, petite compagnie de quatre employés spécialisée dans la location d’équipements pour des tournages cinématographiques.

Pour le propriétaire, l’expropriation est «catastrophique». Après deux décennies d’existence, l’entreprise se voit dans l’obligation d’arrêter ses activités. «C’est le projet d’une vie que j’ai développé pendant 20 ans, mais ça a pris un an pour mettre la clé dans la porte», se désole Kim Guilbeault.

L’homme d’affaires ne parvient pas à dénicher sur l’île de Montréal un lieu répondant aux besoins du Grand Cirque. «Il nous faut un petit local, mais avec les commodités d’un grand espace pour le déchargement, par exemple. Le compromis est difficile à trouver», explique M. Guilbeault.

Lui et son avocat négocient à nouveau avec la Ville pour revoir le montant de l’indemnité étant donné que l’entreprise fait maintenant face à une fermeture plutôt qu’une relocalisation.

Perte

Son voisin dans le domaine des pièces automobiles, A Plus, souhaite déménager dans le quartier Saint-Michel, mais attend toujours l’obtention d’un permis de la Ville de Montréal afin d’agrandir ses futurs locaux.

Pendant ce temps, le commerce perd des clients, le privant de plusieurs milliers de dollars de revenus. «Des garagistes ne veulent plus m’acheter de pièces parce qu’ils savent que je déménage», soutient le propriétaire Noel G.

Garage Royden

Il reste un autre bâtiment à exproprier afin que le promoteur Carbonelo détienne l’espace requis pour redévelopper le site industriel sur lequel seront érigés un parc aquatique, un marché public, des restaurants, des boutiques, cinq hôtels, des salles de spectacles et quatre tours à bureaux.

Ville de Mont-Royal confirme que des négociations sont toujours en cours avec le Garage Royden et que la demande est devant le Tribunal administratif du Québec.

En février, VMR avait conclu des ententes avec deux locataires du 8307-8315 chemin Royden, soit Schleeh Design et une société à numéro. La Ville avait aussi effectué un premier versement de l’indemnité de 3,1 M$ due au propriétaire du bâtiment, S.W.I. Montres, aussi détenteur d’une boutique dans l’un des locaux.

Par l’entremise de la firme de relations publiques National, Carbonelo refuse de commenter les expropriations, faisant valoir qu’il s’agit de dossiers menés par la Ville. Il y a un an, le promoteur avait demandé à VMR d’entreprendre des démarches puisqu’il était incapable de s’entendre avec les propriétaires des immeubles restants.

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