«À l’aventure…», c’est à la fois le titre de l’œuvre de Denis Gougeon qui sera interprétée par l’Orchestre de l’Université de Montréal (OUM), mais aussi le thème de la soirée concoctée par Jean-François Rivest, le chef fondateur de l’OUM.

Brahms (Symphonie n°2), Brahms/Bério (Sonate pour clarinette et piano), et Gougeon (À l’aventure!), voilà le menu musical proposé le samedi 30 novembre, à 19h30, dans une salle Claude-Champagne fraîchement rénovée !

«Créer de la musique exige de connaitre l’histoire de la musique. C’est une chose vraie, la tradition, et cela depuis 1610», affirme le chef d’orchestre Jean-François Rivest. «Brahms, c’est la musique de l’amour, il y a de la chaleur humaine à chaque note. C’est comme du Bach… romantique. La sonate pour clarinette est une œuvre intimiste», poursuit-il.

«La transcription de Bério permet de poser une loupe, si je puis dire, sur la partition. Il n’y a pas de tutti d’orchestre. Le concerto tel que transcrit par Bério conserve la forme de la sonate originelle de Brahms, on est vraiment dans le dialogue avec l’orchestre.»

Jean-François est un adepte du répertoire de Denis Gougeon, qu’il trouve accessible et puissant, et qu’il a souvent interprété en concert. «À l’aventure ! donne tout son sens à ce concert dans la foulée de la Série Hommage que lui consacre, en 2013-2014, la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ)», avance Jean-François Rivest. «Cette pièce, Denis Gougeon l’a écrite en continu, sans revenir sur les pages précédentes, comme s’il partait… à l’aventure.»

«J’avais fait un premier jet que j’ai jeté», intervient le compositeur. «Je suis parti en vacances avec ma famille pour changer d’air. Nous sommes partis à l’aventure, et c’est là que je me suis dit  »mais pourquoi ne pas composer ainsi, sans jamais regarder en arrière? »», raconte Denis Gougeon. «Je l’ai composé en 12 jours, c’est une aventure formelle, une œuvre volontairement non terminée et c’est ce que je propose de faire aux jeunes de l’orchestre, d’aller à sa découverte au fur et à mesure. On va toujours vers quelque chose de nouveau, il y a pas de mouvement, mais des sections.»

«On n’est pas toujours en territoire connu, mais les premières notes permettent d’entrer dans cet univers musical qui se développe peu à peu avec des choses plus complexes. Dans une forme musicale normale, on part sur un thème, on l’explore, le développe et on revient à son point de départ», résume Jean-François Rivest. «Dans la pièce de Denis Gougeon, on ne revient jamais au point de départ. C’est une aventure à la façon des enfants…»

«Pour moi, c’est quelque chose d’unique de pouvoir travailler cette partition avec un orchestre de jeunes», reprend Denis Gougeon. «Ce n’est pas toujours parfait dans l’interprétation, mais cette perfection existe dans le don et la sincérité de ces jeunes musiciens.»

Musicien autodidacte… et envolant

Né en 1951 à deux pas du zoo de Granby, Denis Gougeon a 15 ans lorsqu’il emprunte une guitare récemment acquise par ses frères et sa soeur, et c’est une révélation. Il réussit même à rejouer après une seule écoute Frédéric de Claude Léveillé. «Je me suis mis à jouer avec les accords et j’ai découvert le plaisir d’inventer…»

Il apprend donc en autodidacte et donne un premier récital de guitare classique à peine un an plus tard. «J’aime la musique populaire, mais j’ai été subjugué par la richesse de beauté et de complexité de L’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky.»

Il complétera son baccalauréat en musicologie à l’école Vincent-d’Indy, où soeur Jacques-René l’initie à la composition. Il croisera sur les bancs de l’école, la jeune soprano Marie-Danielle Parent, sa future compagne avec laquelle il travaillera souvent en équipe.

«J’aime quand ma musique permet aux gens de décoller, j’essaie de faire voler la musique, de lui donner de l’espace», termine ce… pilote d’avion à ses heures.

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