Tc Media - Isabelle Bergeron Jean-Claude Marsan et Denise Vézina continuent de croire que le bâtiment pourra en rester un à vocation institutionnelle.
L’administration Coderre s’est finalement prononcée sur le dossier controversé de l’ancien couvent du 1420 boulevard Mont-Royal, se disant en faveur de la vente du bâtiment patrimonial au privé. Pour les citoyens qui militent afin que le pavillon en demeure un institutionnel, «c’est déconcertant», mais ils gardent espoir.

«Le maire de Montréal n’a pas pris de décision définitive, c’est déjà ça», affirme Jean-Claude Marsan, l’un des porte-parole du Rassemblement pour la sauvegarde du Pavillon 1420.

Après deux défaites devant les tribunaux en 2013 et 2014 et un refus de permission d’appel à la Cour suprême, voilà que ces citoyens, pour la plupart Outremontais, enregistrent un autre revers.

C’est après plusieurs jours de discussions à huis clos que les élus du comité exécutif de la Ville de Montréal ont décidé le 22 mai que l’ancien couvent, qui appartient à l’Université de Montréal (UdeM) depuis 2003, n’a pas nécessairement besoin d’être utilisé à des fins institutionnelles. Et ce, même si la Commission permanente sur la culture et le patrimoine avait déposé l’an dernier un rapport en faveur de cette vocation.  

Lors de la séance du conseil du 26 mai, les élus ont déposé des documents dans lesquels on mentionne que la vocation privée de l’ancien établissement des sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie est maintenue et qu’il peut être vendu à un promoteur immobilier. Toutefois, l’administration s’est dite ouverte à revoir le zonage, mais doute qu’un projet d’occupation à des fins institutionnelles de cette ampleur puisse se présenter à moyen terme.

Changement de zonage

Rappelons qu’en 2009, la Ville de Montréal a effectué un changement de zonage qui a permis à l’UdeM de troquer la vocation institutionnelle de l’immeuble en une résidentielle. Jugeant que de rénover l’édifice coûterait trop cher, l’UdeM l’avait vendu au Groupe Catania, qui comptait y construire des condos. La transaction a été annulée en 2012 par l’UdeM, après que Paolo Catania, le propriétaire du Groupe Catania, se soit retrouvé devant la commission Charbonneau, pour faire face à des accusations de collusion et de corruption, comme l’avaient rapporté les médias nationaux.

Depuis ce temps, l’université tente tant bien que mal de trouver un nouvel acheteur.

Des citoyens s’opposent

Depuis plusieurs années, le Rassemblement pour la sauvegarde du Pavillon 1420 conteste le changement de zonage. Certains membres ont confié à L’Express être «révoltés» par la décision de la mairie.

«Ce bâtiment-là est un magnifique héritage, a déclaré Denise Vézina, vice-présidente du Rassemblement. L’UdeM pourrait y faire des résidences universitaires, par exemple, à la place de le vendre.»

Selon Michel Seymour, un autre membre du regroupement citoyen, il est évident que l’UdeM veut se débarrasser de ce bâtiment pour investir dans un campus plus moderne.

«Pourquoi construire de nouveaux immeubles quand on en a déjà un immense qui n’est pas utilisé?», se demande l’homme.

L’inspecteur s’en mêle

L’inspecteur général de la Ville, Denis Gallant, a d’ailleurs rencontré les citoyens à ce sujet il y a quelques semaines. Un dossier a été ouvert et sera examiné par l’homme, qui rapportera par la suite ses observations au maire.

Confiants, les membres du Rassemblement croient que Projet Montréal les défendra lorsque viendra le temps de prendre une décision officielle au conseil municipal. Au dernier conseil, Richard Bergeron, le chef du parti, a d’ailleurs réitéré son point de vue, disant à M. Coderre qu’il trouvait la décision prise par le comité exécutif «déplorable.»

Au moment d’écrire ces lignes, l’UdeM n’avait pas retourné les appels de L’Express

Les dates importantes de la saga du 1420

2003: Les Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie vendent le couvent à l’UdeM pour la somme de 16M$.

2003 à 2006: Des évaluateurs estiment que le coût des rénovations se situera entre 45M$ et 143M$.

2006: L’UdeM annule le projet de réfection.

2007: Le bâtiment est mis en vente et le Groupe Cantania fait une offre d’achat.

2010: Changement de zonage pour autoriser un développement résidentiel.

2012: Annulation de la vente au Groupe Catania, puisqu’il se retrouve devant la commission Charbonneau.

2013: La Commission permanente sur la culture et le patrimoine dépose un rapport en faveur d’un retour au zonage institutionnel.

2014: L’administration Coderre ne suit pas les recommandations de la Commission et préserve le zonage résidentiel.

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