(Photo: Archives) Les «Événements du 8 mars» et la cohabitation avec les Hassidim ont accaparé les discussions.
Ambiance houleuse ce lundi soir, lors de la séance régulière du conseil d’arrondissement. La cohabitation entre les hassidim et les autres résidents reste problématique. Les «Événements du 8 mars», comme on appelle désormais l’altercation entre certains juifs hassidiques et la conseillère Forget ont accaparé les débats.

«Quelles mesures comptez-vous prendre pour contrôler les débordements du Pourim. Je vous demande d’intervenir. On veut connaître qui est responsable de ce qui s’est passé le 8 mars», a demandé Pierre Joncas.

Abordant lui aussi la tension entre les résidents, la très longue présentation d’Hirsch Tetelbaum qui aura l’heur d’agacer l’assistance qui demandait à la mairesse d’opérer.

Mayer Feig est revenu sur les événements du 8 mars, mais son propos fut interpellé directement par l’assistance, au point que la mairesse Cinq-Mars a du lui rappeler les règles de la période de questions du public comme d’éviter les paroles malveillantes.

Toujours à propos de la cohabitation avec les minorités au sein de l’arrondissement, Laval Lavallée a rappelé aux élus de montrer en quelque sorte l’exemple. «Respectez-vous entre élus pour que les communautés se respectent entre elles».

«La solution est complexe, mais il faut accepter de respecter les règles», est intervenu Louis Moffatt. «Le respect commence par celui des règlements municipaux», a ajouté Céline Forget à propos des délinquants et récidivistes aux lois de l’arrondissement.

«Ce sont deux mondes qui ne se comprennent pas.» Selon une proposition de la conseillère Marie Potvin applaudie par l’assistance, le conseil des élus mettra en place d’un comité de citoyens pour rétablir le dialogue entre les communautés d’Outremont. Un comité pour lequel Ana Nunès a proposé sa présidence.

Moshe Fischer est venu au micro à propos de stationnement. «Pourquoi pas plus de tolérance pour le stationnement?

– On ne peut pas faire de favoritisme, a répondu Louis Moffatt. On doit traiter tout le monde de manière égale dans l’arrondissement.»

Plusieurs personnes sont intervenues à propos des événements du 8 mars. «J’ai bien entendu  »vous êtes sale » dans le sens d’impure, a commenté Jean Larin. «Je constate que certains membres de la communauté hassidique considère Mme Forget comme telle. J’ai rarement observé une telle violence verbale. Il y aurait lieu à demander des excuses à la communauté hassidique. En tant qu’élus vous avez l’immense responsabilité de ne pas laisser la situation se dégrader. Un malaise existe et il est profond.»

«J’ai vu des hommes s’en prendre à une femme, une élue de surcroît, et ce, le jour de la Journée internationale des femmes», a commenté pour sa part Anne-Marie Guertin. Des propos complétés par Monique Hervieux. «Outremont est paisible. Et en tant qu’élu vous avez la responsabilité d’une tolérance zéro lors de tels débordements.»

Des propos qui ont mené la mairesse à hausser le ton pour faire entendre sa position. Par trois fois, et à la manière d’une maitresse d’école devant une classe turbulente et plutôt dissipée, Marie Cinq-Mars a du fermement demander un silence… absolu.

«Selon You Tube, j’ai vu une conseillère face à une foule en colère. Pourquoi la police n’a pas dispersé la foule ? N’a-t-elle pas reconnu la conseillère ? Quelle prévention peut-on assurer devant un tel débordement ?», a demandé Anne Lucas.

Élise fournier est venu en parlant d’abord du journal L’Itinéraire. «Cette parution permet de changer la vie des itinérants. Ils ne sont ni harcelant, ni dérangeant. Pourquoi un vendeur est-il alors interpellé par la police alors qu’elle ne fait rien contre d’autres civils qui invectivent une conseillère?»

Sur quoi la mairesse a répondu qu’il fallait poser cette question directement aux services de police et de sécurité publique, parce qu’elle ne pouvait présumer de ce que faisait la police.

Étienne Coutu est venu parler du campus Outremont. «Des travaux de viabilisation de ce projet de 120 millions de dollars devaient commencer avant les bourgeons. Mais quand entendra-t-on les citoyens puisque la consultation publique est toujours reportée ?»

Pierre Lacerte est venu au micro pour traiter de l’octroi de certains permis de construction ou de rénovation en lien avec la communauté hassidique. «Ce n’est pas un blogueur ou une conseillère qui ont créé les problèmes de cohabitation. Les irritants étaient déjà connus et, comme vous, vos prédécesseurs n’ont pas agi. J’ai la preuve de contraventions gracieuses», a-t-il déclaré en tendant un document qu’il a remis au secrétariat du conseil.

La conseillère Forget a tenté de prendre la parole avant la fin de la période de questions du public «Que va-t-on faire? Y a-t-il deux poids, deux mesures ? Un permis de construire à l’un, contre un refus de construire à l’autre… ?»

Réservée au public et non aux conseillers, la mairesse a clos cette période de questions arrivée à son terme, prolongation comprise, et a levé la séance pour une quinzaine de minutes avant de la reprendre autour des résolutions de l’ordre du jour.

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