TC Media - Archives Montréal veut réduire la quantité de déchets enfouis, mais est bien loin de ses objectifs de récupération.
Que ce soit des produits recyclables ou de la matière organique, les arrondissements et les villes de l’agglomération de Montréal sont pour la plupart encore bien loin d’atteindre les cibles de récupération du Plan d’action 2011 – 2015 établi dans le cadre de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles. 

Les objectifs de récupération fixés pour Montréal  en termes de  gestion des matières résiduelles sont irréalistes selon Réal Ménard, responsable de l’environnement et du développement durable au comité exécutif de la Ville-centre.

Papier, carton, verre: l’objectif de récupération des matières recyclables est de 70%. Or, l’agglomération de Montréal affiche un taux de 58%.

Des 33 territoires de l’île de Montréal comptabilisés dans le bilan 2013, seuls deux, les villes de Senneville et de Pointe-Claire ont atteint le seuil de 70 %. Huit autres sont près du seuil, affichant un taux de 65% ou plus, dont Mont-Royal qui obtient 66%.

Toutefois, une quinzaine de communautés n’atteignent même pas 60%. En queue de classement, on retrouve les arrondissements de Montréal-Nord, Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension et Saint-Léonard.

«Il reste beaucoup de chemin à parcourir, car les Montréalais n’ont pas les outils à leur portée pour recycler partout. Il devrait y avoir des poubelles de tri sélectif dans tous les espaces publics, notamment les parcs, les hôpitaux ou sur les grands axes», soutient Marie-Ève Chaume, responsable de dossiers Espaces verts et matières résiduelles au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal.

Matière organiques

Le portrait est encore plus désolant lorsque l’on regarde le taux de récupération des matières organiques. Seule la ville de Senneville, qui a un taux de 71 %, atteint la cible fixée à 60%.

Suivent ensuite au palmarès, Pointe-Claire et Ville Mont-Royal, qui affichent des scores respectifs de 53% et 43%.

Dix-neuf territoires n’atteignent même pas 20%. En queue de peloton, les arrondissements de Ville-Marie et de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve récupèrent à peine 2% des matières organiques.

À la vue de ces chiffres dévoilés dans le bilan 2013 des matières résiduelles, la ville de Montréal ne semble pas en mesure d’atteindre les objectifs dans les délais prévus par Québec.

«Ces objectifs sont clairement irréalistes, indique Réal Ménard, responsable du développement durable au comité exécutif. La Communauté métropolitaine de Montréal est en train de revoir tout son plan. On s’attend d’ailleurs à ce que Québec nous donne un délai supplémentaire jusqu’en 2020 ou 2024. Certes, nous avons tardé à identifier les sites pour implanter des infrastructures, mais il est impensable que l’on réalise les objectifs fixés.»

Le CRE estime toutefois que des efforts pourraient être faits.

«Il faut qu’il y ait davantage de collectes. On prévoit des infrastructures pour les déchets organiques et c’est une bonne chose, mais en attendant, on pourrait faire mieux», soutient Mme Chaume.

Elle ajoute que la Ville de Montréal a un contrat avec celle de Berthierville pour le traitement de 10 000 tonnes de matières organiques par an. Or, on n’en traite qu’environ 5000.

Selon elle, la Ville pourrait traiter plus de déchets organiques, mais encore faut-il que la matière soit récoltée, ce qui relève d’une volonté politique.

«Cette année, ce sont 100 000 portes montréalaises qui vont être desservies par une collecte de résidus alimentaires. On compte quatre nouveaux arrondissements. Les choses progressent quand même chaque année», justifie M. Ménard.

En collaboration avec Frédérique Charest et Marie-Pier Gagné

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