Des discussions entre le promoteur Carbonleo et la Ville de Mont-Royal (VMR) auraient débuté il y a plus de deux ans et non à l’automne comme le laissait entendre la semaine dernière le maire Philippe Roy, en lien avec le développement d’un mégaprojet à l’angle des autoroutes 15 et 40.

Selon des informations obtenues par TC Media, des inscriptions au Registre des lobbyistes permettent de noter que les premières démarches de Carbonleo au sujet d’un projet à l’angle des autoroutes 15 et 40, la même zone où il est prévu d’édifier le mégacentre Quinze40, remontent à novembre 2012.

Le Registre indique en effet que le lobbyiste Claude Marcotte était assigné pour sceller un accord entre Carbonleo et VMR, à l’époque. Ceci dans le but de faire une «Représentation (pour Carbonleo) en vue de l’approbation et la signature d’un accord de développement (…) relatif à la construction d’un projet mixte (bureau et commercial) à l’angle de l’autoroute 15 et 40», peut-on lire sur l’inscription.

Un projet résidentiel au départ
Interpellé à cet effet, le maire Philippe Roy déclare que le projet présenté à l’époque par le promoteur n’avait rien à voir avec le mégacentre Quinze40 en vigueur. «C’était un projet très différent de l’actuel comportant un volet résidentiel important. Un projet avec lequel la Ville ne voulait pas aller de l’avant, car on ne voyait pas l’importance d’implanter des lots résidentiels dans ce secteur-là», s’explique-t-il.

Fait à noter, l’inscription de 2012 affichée au Registre des lobbyistes ne comporte aucun volet résidentiel. Certains s’interrogent à savoir s’il s’agit d’un simple oubli ou non. Porte-parole du commissaire au lobbyisme du Québec, Daniel Labonté, rappelle que selon l’avis du commissaire 2012-01, qui encadre les déclarations des lobbyistes, ceux-ci se doivent de fournir toute «information sensible» et la faire connaître «de façon précise».

TC Media a tenté de rejoindre le lobbyiste Claude Marcotte à cet effet, mais aucun appel n’a été retourné.

L’opposition se questionne
Cet élément est pointé du doigt par le conseiller indépendant du conseil de VMR, Louis Dumont. Selon lui, « le maire laisse croire que les pourparlers ont débuté il y a trois mois», lance-t-il embêté. Le conseiller se dit dérangé par ce qu’il considère un manque de transparence et d’inclusion à l’égard de ce projet.

«Je ne connais rien du projet à part de ce qui en a été dit à son égard dans les médias», déplore Louis Dumont. Les discussions entre le maire et le promoteur Carbonleo se sont réalisées derrière des portes closes, laisse-t-il entendre. Ce conseiller de l’opposition revendique l’importance d’inclure tous les acteurs concernés, particulièrement les citoyens, au processus de réflexion pour déterminer les avantages réels et les enjeux liés à ce projet.

Un référendum?
Lancer un référendum pour prendre le pouls réel des résidents monterois serait l’idéal, selon Louis Dumont. De son côté, le maire de VMR ne prévoit pas mettre en place une telle procédure sans pour autant l’exclure.
«Je n’ai rencontré personne, jusqu’à maintenant, qui m’a fait savoir que ce projet était une mauvaise idée», lance-t-il. Si la population ressent le besoin de se positionner fermement à cet effet, toutefois, il sera prêt à prendre les dispositions pour l’écouter, fait-il savoir.

Philippe Roy rappelle que le Quinze40 représente un projet qui bénéficiera autant à la Ville de Montréal qu’à VMR dans la mesure où pour chaque dollar récolté en taxe, 0,56 cent iront directement à la Ville-Centre.

 

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