Vanessa Limoges /TC Media L'un des deux entraînements de la semaine des adolescentes de l'école secondaire Mont-Royal inscrites à la Fitclub.

Après plus de deux mois d’entraînement, les adolescentes de l’École secondaire Mont-Royal, de VMR, et du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, d’Outremont, traverseront le Parc Maisonneuve à la course, pour compléter une course de 5 ou 10km: l’étape finale du programme de la Fitclub.

«J’étais plus ou moins active avant, mais maintenant que je connais le sentiment de fierté que procure la course, je ne pourrais plus m’en passer», raconte Nathalie NGuyen, étudiante de 4ème secondaire.

Toutes vêtues d’un chandail rose à l’effigie de Fillactive et guidées par leur énergique professeure d’histoire, Karine Mayer, les quelque 122 filles inscrites à la Fitclub de Mont-Royal ne rateraient leur entraînement pour rien au monde.

Créé par la fondation Fillactive, la Fitclub, conçue sur mesure pour les adolescentes de 12 à 17 ans, dure entre huit et dix semaines à raison de deux à trois entraînements par semaine.

«Ce programme répond à un réel besoin. Les statistiques le disent: plus de 30% des filles âgées entre 12 et 17 ans sont peu ou pas actives du tout au Québec», souligne Mme Mayer.

La solution Fitclub
L’école Mont-Royal n’a qu’un seul gymnase, «nos cours d’activités physiques sont donc mixtes, ce qui peut être gênant pour les filles», explique Mme Mayer.

Selon la professeure, la participation des filles dans les cours d’éducation physique était en déclin depuis près de dix ans à l’école secondaire de Ville de Mont-Royal. Jusqu’à ce que, il y a deux ans, l’administration accepte sa proposition: développer le programme Fitclub de Fillactive, réservé exclusivement aux filles.

«L’année dernière nous étions une cinquantaine, cette année nous sommes deux fois plus. Le tiers des étudiantes du deuxième cycle s’entraînent maintenant avec nous et ce, sur une base totalement volontaire», remarque la professeure.

Même si «certaines partent de très loin», la quasi-totalité d’entre elles se sont inscrites à la course du 14 mai à l’école de VMR.

Une question de confiance
«Des fois, c’est honteux de faire du sport devant les garçons. Quand nous sommes juste entre nous, je suis moins consciente du regard des autres, je me sens moins jugée», lance Béa Beaini, étudiante de 2ème cycle à l’école internationale de VMR.

Le programme tient compte du développement personnel des adolescentes. «À cet âge, les filles sont intimidées par leur puberté, elles désirent plaire, alors elles n’aiment pas se montrer sous leur mauvais jour», explique la créatrice du programme Mme Labelle, qui a tout mis en œuvre pour que le programme fasse disparaitre ces barrières psychologiques.

Une histoire d’entraide
Joannie Lévesque, responsable des sports au pensionnat d’Outremont, trouve épatant de voir les plus rapides ralentir pour attendre leurs amies, «c’est tellement beau à voir», lance-t-elle.

Au pensionnat, 50% des filles de troisième secondaire se sont inscrites cette année.

«Ici, nous n’avons pas le problème des garçons et le sport est déjà très présent dans leur vie, mais ce qui demeure surprenant c’est l’engouement que cette activité suscite», explique Mme Lévesque.

La directrice adjointe du pensionnat, Manon Lanoue, est aussi surprise de voir les filles autant s’emballer, «en deux ans, aucune fille inscrite ne s’est désistée et cette année elles participent toutes à la course finale. Je surprends même ma propre fille à aller courir le weekend pour ne pas perdre la main», explique-t-elle impressionnée.

La petite histoire
Coach en milieu défavorisé, c’est l’ancienne athlète de haut-niveau, Claudine Labelle, qui a mis Fillactive sur pied. «La différence que peut faire le sport dans une vie est énorme», soutient-elle.

Victime d’un traumatisme crânien, elle a dû mettre fin à sa carrière de cycliste très rapidement. «Au repos pendant trois ans, j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à la bonne façon de redonner à ma communauté, ce qu’elle m’avait si généreusement donné pendant ma carrière», explique-t-elle.

Selon elle, les adolescentes, historiquement moins actives que les garçons, nécessitaient que des mesures soient entreprises.

Ainsi, elle créa Fillactive en 2007, après trois ans de réflexion.

Depuis sa création, Fillactive s’est répandue à la grandeur du Québec et l’Ontario. Cette année 10 000 adolescentes, provenant de plus de 160 écoles, participent au programme. S’adressant aux jeunes filles de 12 à 17 ans, Fillactive a pour mission de faire découvrir les avantages et le plaisir qui découlent de la pratique d’activité physique pratiquée dans un environnement positif, valorisant et ouvert à toutes.

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