Vanessa Limoges /TC Media Selon Louis Dumont, plusieurs des maisons qui se trouvent sur le chemin Kenilworth et l’avenue Kindersley à VMR sont désormais dénaturées et présentent des dégagements limités.

Les propriétaires de Ville de Mont-Royal qui agrandissent leurs résidences entacheraient l’homogénéité du paysage selon certains citoyens et experts qui craignent que la Ville ait déjà perdu de son cachet.

«C’est une tendance là où il y a de nombreux bungalows, les gens veulent des superficies plus grandes, donc on finit par faire des bâtiments qui sont trop gros par rapport aux autres», explique l’urbaniste et professeure à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal, Marie Lessard.

Lors du dernier conseil de Ville des citoyens ainsi que le conseiller indépendant, Louis Dumont, ont soulevé quelques interrogations concernant la dimension des agrandissements ainsi que la cohérence du style contemporain qu’affichent certains d’entre eux.

«Les demandes d’agrandissement sont nombreuses, mais celles de type ‘contemporain’ sont en minorité, soutient la directrice générale de la Ville, Ava Couch. C’est difficile de déterminer combien de demandes nous recevons parce qu’il y a aussi des demandes pour ceux qui désirent ajouter un deuxième étage au-dessus de leur garage ou construire un solarium à l’arrière de leur demeure.»

Selon M. Dumont, le Comité consultatif d’Urbanisme (CCU) de VMR serait trop simpliste dans sa réflexion face aux différentes demandes d’agrandissements.

«Le comité ne ratisse pas assez large, il doit se demander si les modifications s’intègrent de façon homogène au paysage urbain ou encore si elles bloquent la vue», soutient-il.

Le maire de VMR, Philippe Roy, reconnaît la tendance actuelle, mais précise que le CCU se fait une mission de conserver le cachet de la Ville dans toutes ses décisions.

Un fait que M. Dumont et Maryse Matta, diplômée d’architecture et résidente de VMR depuis 20 ans, remettent en doute. «C’est une ville centenaire et depuis le début des années 2000, chaque fois que l’on intervient on crée une plaie», soutient Mme Matta.

Une question de volume
Bien que le règlement d’urbanisme fixe les normes sur la hauteur, l’emprise au sol, la densité, etc, «c’est dans le volume que l’on dépasse les limites», précise Mme Matta. Celle-ci a évalué en 2014 les outils urbanistiques utilisés par la Ville, dont les Plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA).

Selon elle, les outils utilisés à VMR permettent des décisions qui entachent la cohésion et la cohérence du patrimoine bâti.

«Le dialogue qui existe entre les maisons est interrompu par les décisions actuelles, il faudrait qu’à l’avenir, le CCU fasse preuve de davantage de délicatesse», croit-elle.

La conseillère Erin Kennedy, qui préside le CCU de VMR, précise que chaque demande d’agrandissement est traitée avec rigueur, mais que le CCU est plus flexible avec l’arrière des bâtiments.

Pistes de solution
L’année dernière, confrontés aux plaintes de M. Dumont, les élus de VMR ont lancé une grande consultation publique sur l’urbanisme qui a confirmé que 95% des gens de Mont-Royal se disaient satisfaits des décisions du CCU.

«Nous considérons tout de même que certaines choses peuvent être améliorées alors dans les prochaines semaines, nous allons changer la façon de fonctionner du CCU pour le rendre encore plus transparent», explique le maire Philippe Roy.

Mme Matta, qui considère que le mal est déjà fait, espère que certaines règles seront établies en fonction des différents secteurs et qu’ainsi les critères d’évaluation du PIIA seront mieux définis. «Chaque maison toute seule est insignifiante, mais chacune fait partie d’une chaîne et c’est cette chaîne qui a de la valeur», indique-t-elle.

Pour M. Dumont, la solution réside dans la création d’un comité citoyen qui pourrait superviser une étude par secteur. «Un comité qui évaluera la valeur du bien collectif et ce que l’on veut en termes de protection de vue urbaine», soutient-il.

Tous les travaux d’agrandissement nécessitent un permis de la Ville. Le projet soumis est d’abord étudié par la division urbanisme et inspection et ensuite par le CCU. Si le projet répond aux normes du comité, il sera soumis à l’approbation du conseil municipal.

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