Isabelle Bergeron/TC Media Le Centre de sécurité civile et certaines industries ont participé un test de leur sirène d’alerte, le 4 juin dernier.

Le test des sirènes d’alarme en cas de fuite toxique dans l’est de Montréal a connu des ratés une nouvelle fois cette année. La sirène de l’usine de soufre de Suncor n’a pas fonctionné, le 4 juin dernier.

Le Centre de sécurité civile a bel et bien reçu le signal d’avertissement déclenché par Suncor vers 14 h 08, mais la sirène qui doit alerter la population aux alentours était défectueuse, a confirmé un porte-parole de l’entreprise. «Nous l’avons essayée à trois reprises, a expliqué Dean Dussault, conseiller principal aux communications de la raffinerie Suncor à Montréal. Nos techniciens ont aussitôt travaillé à réparer la sirène, qui est opérationnelle depuis 16h20.»

M. Dussault assure qu’il s’agit d’un événement «malheureux» considérant que l’entreprise fait des tests avec le Centre de sécurité civile (CSC) depuis 2007 et qu’aucun incident de la sorte ne s’était produit. «S’il y avait eu une fuite, on aurait utilisé d’autres façons pour avertir la population, a-t-il assuré. Les autorités publiques seraient intervenues rapidement. D’ailleurs, nous faisons régulièrement des exercices de sécurité avec tous les intervenants et nous effectuons un test de sirène à l’interne chaque semaine.»
L’essai technique, coordonné par le Centre de sécurité civile de la Ville de Montréal, permettait de vérifier le bon fonctionnement des équipements et l’état de préparation de l’ensemble des intervenants en mesure d’urgence. Le test a eu lieu entre 13h56 et 14 h16, dans six industries établies sur l’île de Montréal, dont trois se trouvent dans l’Est, soit Métro-Pêcheries Atlantiques, Cepsa Chimie et l’usine de soufre de Suncor.

Un communiqué de la Ville de Montréal qui annonçait la tenue de l’exercice a spécifié que la population n’avait aucune mesure particulière à adopter.

Lors du dernier exercice, en novembre 2013, c’était la sirène de Cepsa Chimie qui avait fait défaut.

Des passants peu informés

Au cours du test, la sirène de Pêcheries Atlantiques Métro, puis celle de Cepsa étaient audibles depuis l’angle des rues Sherbrooke et du boulevard Saint-Jean-Baptiste à Pointe-aux-Trembles. Les quelques passants abordés par le journaliste de L’Avenir de l’Est ignoraient toutefois qu’il s’agissait de sirène d’avertissement de fuites toxiques.

«Je ne sais pas, ce sont des ambulances, peut-être?», s’interroge Michelle Giordan. Lorsque nous lui apprenons à quoi sert la sirène, la jeune femme se souvient de les avoir déjà entendus à l’époque où elle vivait dans le quartier. «J’ai l’impression que la plupart des gens ne savent pas c’est quoi.»

«Je pensais que c’était des policiers, s’exclame Georges Dupuis. Vous venez de m’apprendre que c’était des sirènes d’alerte.»

Présent au test en tant qu’observateur, Maurice H. Vanier, membre des comités industriels de liaison avec la communauté de Suncor Énergie, constate que certaines personnes autour des usines savent reconnaître le son de la sirène, mais que la grande majorité demeure mal informée. «C’est anormal qu’on fasse un test d’audibilité une seule fois par année et qu’on ne demande pas à la population de participer. En gros, le protocole dit : ‘’ne changez rien à vos habitudes’’. Je pense qu’on se prive de la participation des citoyens qui pourraient témoigner s’ils ont entendu les signaux d’avertissement comme ça se fait aux États-Unis et en Europe.»

Sensibiliser la population aux plans d’urgence des entreprises qui utilisent des produits toxiques est un processus long, reconnait Dimitri Tsingakis, directeur général de l’Association industrielle de l’Est de Montréal, Dimitri Tsingakis. «L’idée des sirènes fait partie du processus d’éducation, mais le message prend du temps à passer, parfois par manque de compréhension ou d’intérêt. En tant qu’industries, nous devons persévérer sur l’aspect éducatif tout en travaillant à la réduction des risques.»

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