Près de 150 élèves de Montréal souffrant d’une problématique de santé mentale sont pris en charge par l’école Marc-Laflamme/Le Prélude, située dans Pointe-aux-Trembles. Âgés de 5 à 21 ans, ces jeunes suivent des cours comme tous les enfants de leur âge.

Du niveau primaire au secondaire, cette école accueille une vingtaine de classes avec des élèves provenant de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, la Commission scolaire de Montréal, mais aussi de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’île.

Pour venir dans une école spécialisée, Michèle Garcia, directrice de l’école Marc-Laflamme/Le Prélude explique qu’il faut avoir un suivi: «un parent ne peut pas avoir accès à une école spécialisée par lui-même. Il faut qu’il y ait un plan d’intervention mis en place et une équipe de professionnels qui étudie le dossier de l’enfant pour l’orienter vers la bonne ressource.»

Mme Garcia souligne que les élèves qu’elle reçoit sont en grands besoins. Ils peuvent avoir «une déficience intellectuelle légère avec troubles associés ou une déficience intellectuelle moyenne, sévère ou profonde», précise-t-elle.

L’école permet aux élèves de développer leur autonomie dans le but de favoriser une meilleure intégration sociale, autant dans une école régulière par la suite, que sur le marché du travail.

Classes réduites et programme régulier

Les groupes sont formés d’environ huit élèves pour les classes du primaire et de neuf à 10 élèves pour les classes du secondaire: «un jeune ne fonctionnerait pas dans un environnement où il y aurait 20 ou 30 élèves, mentionne Michèle Garcia. Il serait incapable de fonctionner à son rythme.»

Tous les programmes sont les mêmes que ceux que le ministère de l’Éducation impose, donc les jeunes peuvent se rendre au cegep ou encore en formation professionnelle, car il existe des formations d’accès à l’emploi avec des stages: « notre milieu spécialisé leur permet d’évoluer à leur rythme et  d’avoir les services qu’ils ont besoin, dans un environnement adapté», ajoute la directrice.

Les petites classes permettent un «contact privilégié avec les jeunes», selon Jacynthe Bérubé, enseignante pour le secondaire 3, 4 et IFP (Insertion formation professionnelle). «La  dynamique de groupe est vraiment différente, explique-t-elle, ça les aide à (se) motiver, et à leur donner le goût d’être là aussi.»

Être un élève et un travailleur malgré la maladie

Les enseignants peuvent donc cibler les forces et les besoins de chaque élève, en le poussant à aller plus loin. «On a des formations toute l’année avec des professionnels pour mieux intervenir avec les élèves, indique Mme Bérubé, titulaire d’un baccalauréat en adaptation scolaire. On travaille aussi en équipe avec des éducateurs spécialisés qui sont là pour aider les jeunes, prévenir les crises, et tout ce qui peut aller mal pour eux.»

«Les jeunes vivent des hauts et des bas, autant dans leur contexte scolaire que social, et on est ici pour les accompagner au mieux, confie Annie Godbout, directrice adjointe de l’école Marc-Laflamme/Le Prélude. Ce qui nous distingue c’est l’environnement qu’on leur offre et le temps qu’on peut prendre avec eux pour les aider à relever leur défi et élaborer avec eux des objectifs.»

Pour que les jeunes deviennent des adultes autonomes et responsables, mais être toutefois sûr qu’ils aient des services de suivi et d’accompagnement au besoin, l’école met en contact les élèves avec des services communautaires, des CLSC, mais aussi le Carrefour jeunesse-emploi, à leur sortie.

«Même avec une problématique de santé mentale, on peut très bien fonctionner dans la vie», conclut Michèle Garcia.

 

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