D’une dizaine de participants dans un local de Montréal-Est et un sous-sol de Pointe-aux-Trembles en 1992, Les Impatients aident aujourd’hui près de 650 personnes par semaine à s’exprimer à travers l’art en dépit de leurs troubles de santé mentale.

«Au départ, c’était un projet de 10 jours, initié par la Fondation de la maladie mentale, mais ç’a continué parce que les gens qui s’en occupaient à l’Hôpital Louis-H. Lafontaine voyaient des patients attendre l’ouverture de l’atelier, assis par terre devant la porte. Ç’a été le déclic», raconte la présidente-fondatrice des Impatients, Lorraine Pallardy.

Il y a 25 ans, Mme Pallardy, alors directrice de galerie d’art et présidente de l’Association des galeries d’art contemporain, a fondé Les Impatients parce qu’elle voulait «venir en aide aux personnes ayant des problèmes de santé mentale en leur offrant des ateliers de création.»

«Ce qui m’intéressait le plus, c’était de voir la capacité de création des personnes, avant de voir le côté curatif, si on veut. Je voyais une forme d’expression extraordinaire.»
– Lorraine Pallardy


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Du café pour recruter
À ses débuts dans un centre commercial de Montréal-Est, l’organisme composé d’une équipe de cinq personnes comptait environ huit participants et tentait d’en recruter d’autres dans le centre commercial en leur offrant des cafés gratuits, se souvient Mme Pallardy.

«Après trois ans dans le centre d’achat, on s’est fait évincer, raconte-t-elle. On a déménagé dans un sous-sol à Pointe-aux-Trembles, devant la voie ferrée. C’était plus grand et ça nous permettait d’accueillir plus de monde aussi. On y est resté pendant cinq ans. Puis, après ces péripéties, comme l’atelier débordait, qu’on avait des listes d’attente et des demandes venant d’hôpitaux du centre-ville, on a déménagé ici, [à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, NDLR], au centre-ville.»

Une oeuvre exposée à la galerie d’art des Impatients au centre-ville de Montréal.

Selon Mme Pallardy, les Impatients se sont distingués entre autres par leur usage de matériaux récupérés. «Le Groupe Rona, notre commanditaire principal pendant 15 ans, nous fournissait des ensembles à vaisselle brisée, des pelles sans manches, etc., relate-t-elle. On faisait des œuvres d’art avec ça. Ç’a été le trademark de la fondation à ses débuts.»

Expansion
L’organisme compte aujourd’hui 11 sites répartis au Québec et envisage même d’en ouvrir ailleurs. Il s’agit d’un succès inespéré pour un organisme à but non lucratif, souligne la présidente-fondatrice.

«La grande difficulté, c’est de durer quand on est dans des OBNL comme ça, explique Mme Pallardy. C’est toujours difficile de boucler les fins de mois. Il y a toujours une incertitude parce qu’on n’a pas de budget récurrent. Environ 25% de notre budget est récurrent. Le restant, il faut aller le chercher. On ne sait jamais, d’une année à l’autre, comment on va pouvoir fonctionner.»

Le fils de Mme Pallardy, Frédéric, est à la barre de l’organisme depuis plus de trois ans. Il a notamment reçu le mandat de développer Les Impatients et les implanter en région, comme cela s’est déjà fait à Drummondville en 2011 et à Joliette en 2015.

«Nous sommes en pleine expansion, mentionne-t-il. Nous allons ouvrir, dès cette année, à Saint-Jérôme et Saint-Jean-sur-le-Richelieu. Shawinigan s’en vient aussi.»

Le directeur général de Les Impatients, Frédéric Pallardy, se tient dans la salle d’exposition de l’organisme au centre-ville de Montréal.

Afin d’amasser des fonds, les Impatients tiennent entre autres des expositions-encan appelées Parle-moi d’amour depuis plusieurs années dans différentes villes. La plus récente exposition-encan à Montréal se tenait spécialement au Musée d’art contemporain en mars dernier.


Pour ses 25 ans, l’organisation tient l’exposition J’ai le goût de vous parler, qui met en valeur plus de 500 des 15 000 œuvres réalisées par ses participants au fil des années. L’exposition se déroule jusqu’au 1er octobre prochain au 100 rue Sherbrooke Est, 4e étage. Informations sur impatients.ca ou au 514-842-1043.

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