Le 17 juillet 1982, le règlement sur l’annexion de la ville de Pointe-aux-Trembles à celle de Montréal entre en vigueur à la suite d’un référendum tenu en mai précédent.

Trente-cinq ans plus tard, le maire de l’époque, Maurice Vanier, demeure convaincu de la nécessité de l’annexion.

«Avant l’arrivée au pouvoir de notre équipe en 1978, Pointe-aux-Trembles avait été mise sous tutelle trois fois, sa dette était de 40 millions, le taux d’intérêt sur les emprunts dépassait 20%, en francs suisses en plus», se souvient M. Vanier.

Conjoncture
En 1982, Pointe-aux-Trembles éprouve des problèmes financiers, le développement entre son boulevard Tricentenaire et sa 32e Avenue est bloqué et l’utilisation du réseau d’aqueducs de Montréal menace de lui coûter plus cher, puisque la métropole tarife l’utilisation selon la longueur des tuyaux.

Le dernier maire de la ville de Pointe-aux-Trembles, Maurice Vanier, pose devant la maison du Citoyen rue Notre-Dame.

Pour sa part, le maire de la grande ville, Jean Drapeau, cherche une façon d’atteindre le million d’habitants, nombre symbolique pour maintenir son influence au sein de la Communauté urbaine de Montréal, que le gouvernement provincial souhaite réformer.

En février, le conseil de ville de Pointe-aux-Trembles adopte des résolutions proposant aux villes de Montréal-Est, d’Anjou et de Montréal de former un comité pour étudier l’idée d’une fusion. Montréal adopte un règlement d’annexion en mars.

Pas des «quêteux»
Cependant, «on n’arrivait pas là comme des quêteux», insiste M. Vanier, vantant ses raffineries de l’époque et sa proximité avec l’ancienne ville de Rivière-des-Prairies, isolée du reste de Montréal.

«On a exigé un contrat d’annexion qui stipulait qu’en retour, Montréal absorbait notre dette et investissait 36 millions en trois ans dans le développement, dit l’ancien maire. On nous enlevait aussi la taxe olympique et on nous reconnaissait trois conseillers de ville. On a aussi eu ce qu’on pourrait appeler l’ancêtre des Bureaux Accès Montréal et les capitaux pour notre développement. Notre population est passée de 36 500 en 1982 à 42 500 cinq ans. Au final, ç’a coûté 75 millions à Montréal.»

«Nous sommes sortis gagnants.»
– Maurice Vanier

Force du nombre
Aujourd’hui, le district numéro 9 de la ville de Montréal est devenu l’arrondissement montréalais Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. En étant au sein de Montréal, il bénéficie du rayonnement de la métropole et de la capacité financière de l’ensemble des Montréalais, fait valoir la mairesse suppléante de l’arrondissement, Suzanne Décarie.

58,6% des électeurs ont voté en faveur de l’annexion de la ville de Pointe-aux-Trembles à celle de Montréal lors d’un référendum, rapportait l’Avenir de l’est en mai 1982.

Celle-ci évoque notamment la présence de structures municipales fondamentales comme la station d’épuration Jean-R. Marcotte et le bassin de rétention Marc-Aurèle Fortin dans l’arrondissement, ainsi que le projet de revitalisation du boulevard Gouin Est.

«Le maire Denis Coderre a mis le boulevard de compétence artérielle, comme ça, ce sont tous les Montréalais qui payent, un peu comme quand on paye le pont Jacques-Cartier, soutient Mme Décarie. C’est une des petites choses que permet le fait d’appartenir à une grande ville. Si c’était simplement la ville de Pointe-aux-Trembles ou celle de Rivière-des-Prairies, les citoyens ne pourraient pas assumer ça à moins de voir leurs comptes de taxes monter ou de se rendre à la faillite comme avant 1982.»

Depuis 4 ans, la conseillère de ville depuis 12 ans constate un plus fort sentiment d’appartenance à Montréal chez les Pointeliers, surtout avec les festivités entourant le 375e anniversaire.

«D’habitude, nous n’étions pas très inclus ici, mais là, nous l’avons été. Nous avons l’impression d’être partie prenante de toute la fête. Nous sommes Montréalais», commente Mme Décarie.

 

 

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