Ralph-Bonet Sanon | TC Media L’industrie du bingo doit adapter son produit afin d’attirer une nouvelle clientèle, pense Marc-André-Clément, gestionnaire du Bingo Pointe-aux-Trembles.

Avec la fermeture du Bingo Hochelaga en décembre dernier, le gestionnaire du Bingo Pointe-aux-Trembles, une des quatre dernières salles à Montréal, plaide en faveur d’amener le jeu dans le 21e siècle et de rappeler son rôle communautaire.

«Le mot bingo est mal perçu, on n’a pas travaillé sur son image et la nouvelle génération n’en a pas une bonne perception», se désole Marc-André Clément.

Le gestionnaire depuis trois ans de Groupe Bouclé à Pointe-aux-Trembles, Lachine et Saint-Eustache  a pratiquement grandi dans ces salles dont s’occupait son père durant des décennies.

Quand le jeune trentenaire invite des amis à essayer le bingo, il leur assure qu’il n’y a rien de «quétaine», qu’ils aimeront l’ambiance conviviale de ce «club social» et qu’ils ne risquent pas de dépenser en vain ou à l’excès.

«En moyenne, les gens ici dépensent 40$, explique-t-il. Si tu vas au cinéma avec 40$, tu peux te payer le billet, la nourriture et avoir peut-être une heure et demie ou deux de fun, alors qu’ici, tu peux jouer pendant des heures, rencontrer du monde, acheter de la bouffe pas chère et peut-être gagner de l’argent.»

OBNL
Marc-André Clément insiste beaucoup sur le rôle communautaire du bingo. Il rappelle que ses salles versent environ 1M$ par année à des organisations à but non lucratif (OBNL) de la métropole, dont 12 dans Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est.

«Les gens ne le savent pas et c’est pourtant la mission première du bingo. Quand une salle ferme, des organismes ont de la difficulté. Ce sont eux les vrais héros», clame le gestionnaire d’une cinquantaine d’employés à Pointe-aux-Trembles.

Un panneau d’affichage surplombe la soufflerie d’où sont tirées les boules pendant qu’une caméra filme et que des écrans retransmettent le tirage, afin d’assurer l’intégrité du jeu.

Moderniser
Il salue l’implantation d’un projet-pilote de bingo électronique par Loto-Québec dans cinq salles afin de tester un moyen de rajeunir la clientèle.

Dans le projet-pilote, les clients de salles à Repentigny, Longueuil, Laval, Joliette et Québec ont le choix de  jouer sur tablette électronique ou sur papier.

«La clientèle vieillit et ne se renouvelle pas, alors on perd 4% des joueurs par année», souligne M. Clément, en rappelant que le bingo en réseau comptait 47 salles en opération en 2017 comparativement à 163 en 1998.

Depuis 2009, le nombre de visites en salle a diminué en moyenne de 10 % par an, rapporte Loto-Québec. Et selon une enquête de l’Université Concordia, le taux de participation des adultes québécois au bingo est passé de 9 % en 2002 à 4,2 % en 2012.

Diversifier
Afin de se tenir à la page, le gestionnaire de la salle de Pointe-aux-Trembles a fait poser des écrans numériques pour afficher les numéros tirés par l’animatrice de jeu (communément appelée la «caller».

Ces écrans s’ajoutent aux panneaux d’affichage d’origine que Marc-André conserve pour leur côté vintage.

Mais en plus de moderniser le bingo, le jeune homme souhaite donner une vocation multiple à sa salle, dont il compte agrandir le bar à partir de mars.

«L’idée serait d’en faire une salle multijeux, mais aussi une salle de réception, avec la possibilité d’offrir des spectacles d’humour ou de musique, explique-t-il. Ça ne serait plus juste associé au vice du jeu.»


Revenus en baisse
Selon une étude menée par le Secrétariat du bingo, les revenus de l’industrie du bingo ont chuté de 37 % entre 2009 et 2014, passant de 274 M$ à 174 M$.

Durant cette même période, les profits remis à près de 800 OBNL de la province sont passés de 42,1 M$ en 2009-2010 à moins de 23 M$ pour 2013-2014.

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