Ralph-Bonet Sanon | TC Media Des membres de la filiale 173 de la Légion royale canadienne sont attablés dans leur édifice de Montréal-Est.

Pour les anciens militaires, la Légion Royale Canadienne et l’ANAVETS (Anciens Combattants de l’Armée, de la Marine et des Forces aériennes au Canada) sont des lieux où ils peuvent s’entourer de gens ayant vécu la même réalité, retrouver la camaraderie de l’armée et trouver de l’aide.

«C’est la seule place pour parler entre autres de ce qui s’est produit au front, avec quelqu’un qui a servi et qui nous comprend», témoigne le président de la filiale 173 de la Légion, André Morel.

André Morel, président de la filiale 173.

Les anciens militaires vivent parfois des problèmes psychologiques et sont gênés de les exprimer, par peur de paraître faibles, expliquent des membres.

«Il faut alors les travailler pour leur tirer les vers du nez», atteste Doug Lawrence, un vétéran de la Guerre de Corée devenu officier d’entraide à la filiale 173.

Membre depuis plus de 60 ans et ancien président de filiale, M. Lawrence aide d’anciens combattants souffrant de syndrome de stress post-traumatique à recevoir des services médicaux.

Ces militaires hautement traumatisés reviennent parfois d’opération de paix, font remarquer les membres.

«Les Casques bleus et les gars qui reviennent de l’Afghanistan ont eux aussi vu des choses horribles, comme des génocides. Les règles d’engagements étaient différentes pour eux alors ils ne pouvaient pas intervenir comme ils voulaient», note le trésorier et ancien président Roger Biron.

De 480 à 87
Née il y a près de 70 ans dans une maison de Montréal-Est et installée depuis plus de 30 dans son immeuble de la rue Dorchester, la Filiale 173 est loin de ses glorieuses années d’après-guerre mondiale.

«L’Allemagne se rend», titre cet article de journal daté du 8 mai 1945, encadré et exposé dans l’édifice de la filiale 173 de la Légion royale canadienne, à Montréal-Est.

Elle compte aujourd’hui 87 membres, alors qu’elle en a déjà recensé 480. Cette diminution a grandement nui à son financement. Dans l’espoir d’attirer de nouveaux membres, ses dirigeants ont étendu les heures d’ouverture de l’édifice et tentent de recruter d’anciens combattants de la «nouvelle génération», comme des militaires ayant servi pour le Canada dans des opérations de paix.



«On survit en ce moment, confie M. Morel. On essaie de payer les taxes et de se tenir la tête hors de l’eau, en louant nos locaux à des OBNL ou des entreprises par exemple. C’est sûr que si on ne subvient pas à nos besoins, la légion va disparaître. Si on était exempt de taxes, on survivrait mieux.»

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