Hicham El Alj L’actrice Frédérique Dufort joue le rôle de «Chloé» dans le film «Ange arnaqué», de Priscilla Poirier.

En préparation depuis deux ans, le film indépendant Ange arnaqué, qui traite de l’exploitation sexuelle d’une adolescente, pourrait enfin voir le jour cette année, espère sa scénariste, productrice, réalisatrice et directrice artistique.

«Dans le fond, on tourne des extras. Il y a eu 12 jours de tournage en 2016 et là, on bonifie l’histoire avec quatre jours supplémentaires», explique Priscilla Poirier, dont l’équipe était en tournage dans Pointe-aux-Trembles le 4 avril dernier.

Des membres de la distribution du film «Ange arnaqué», ainsi que la réalisatrice Priscilla Poirier (milieu) posent au restaurant Tomate Basilic après un tournage. (Photo : Patrick Nicol)

La postproduction du long-métrage est très avancée, assure la Pointelière, dont l’objectif est de sortir son film à l’automne prochain, si elle s’entend avec un distributeur. Elle a diffusé une première bande-annonce de son film il y a plus d’un an.

Commencer
«J’étais naïve au début, confie-t-elle. Je suis une jeune cinéaste qui commence. J’ai pensé qu’en faisant une bande-annonce et un appel, je pourrais trouver des distributeurs. Mais tous me disent la même chose: « comme vous avez commencé votre projet toute seule, finissez-le, et on verra s’il nous intéresse ». Mais j’ai vraiment confiance en mon projet.»

Le long-métrage de Mme Poirier met en vedette Frédérique Dufort dans le rôle de «Chloé», une adolescente qui traverse l’enfer de la prostitution, dans lequel son premier amour «James» (joué par Pascal Darilus) l’a plongée.

La distribution du film, dont la trame sonore est assurée par le compositeur primé Michel Cusson, compte aussi Marie-Thérèse Fortin, Emmanuel Auger, Jacques L’Heureux, Sandrine Poirier-Allard, Yvan Ross, Peter Miller, Miranda Laroche-Francoeurn Pat Lemaire, Pascale Audrey, Éric Daoust, Alice Tran et Martine Fortin.

L’équipe d’Ange arnaqué a accepté de différer son salaire et d’être payée au prorata des recettes du film une fois qu’il sera sorti, souligne la cinéaste.

Prévention dans les écoles
Mme Poirier projette d’inclure des extraits de son long-métrage dans une «trousse de prévention» qui serait mise sur pied en collaboration avec le Service de police de la Ville de Montréal, puis utilisée dans les écoles secondaires du Québec.

«J’étais en discussion avec la police pour créer une trousse, un fil de discussion qui va attirer les jeunes. Au départ, l’idée était toujours la prévention, mais le projet est tellement bien fait, avec de bons acteurs et tout, qu’on a décidé d’en faire un long-métrage destiné à des fins commerciales», raconte-t-elle.

La trousse comprendrait également l’avis d’intervenants et les témoignages vidéo de survivantes de l’exploitation sexuelle.

Fugueuse
Mme Poirier en est consciente: Ange arnaqué attire les comparaisons avec la télésérie Fugueuse, diffusée sur les ondes de TVA depuis janvier dernier.

«C’est sûr que oui, le thème de base, ce sont de jeunes filles qui se font avoir dans la prostitution, mais je vais vraiment ailleurs dans mon histoire», mentionne-t-elle.


«Il y a de la vie ici, de beaux coins»

Pour la scénariste, productrice, réalisatrice et directrice artistique du film indépendant Ange arnaqué, il était important de tourner des scènes dans le coin de pays où elle vit et où elle a passé une partie de son enfance.

Dirigés par Priscilla Poirier (en arrière-plan, à droite), les acteurs Sandrine Allard-Poirier et Peter Miller se donnent la réplique au restaurant Tomate Basilic.

«Beaucoup de gens ont des préjugés envers Pointe-aux-Trembles, soulève Priscilla Poirier. Je voulais donc montrer qu’il y a de la vie ici, de beaux coins. J’ai d’ailleurs tourné des scènes au bord de l’eau, coin boulevard St-Jean-Baptiste. Un super beau coin.»

L’équipe du film était en tournage au restaurant Tomate Basilic dans Pointe-aux-Trembles le 4 avril dernier.

Le propriétaire du restaurant jugeait important d’aider l’équipe en lui permettant gracieusement de tourner dans son établissement de la rue Sherbrooke.

«On croit à la cause et on trouvait intéressant que la productrice vienne de Pointe-aux-Trembles. Il n’y a pas assez de choses comme ça dans notre coin, alors on trouvait ça important d’y participer», indique Vincent Arsenault.

 

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