Amélie Gamache Sylvie Brien, qui publie des romans à la fois en France et au Canada, est également membre du programme La culture à l’école, et est invitée à donner des conférences partout au Québec pour transmettre sa passion de la littérature aux jeunes.

La romancière Sylvie Brien est lauréate du prix littéraire des enseignants de français AQPF-ANEL 2018 pour son roman 16 ans et patriote

Son roman, publié chez Bayard en septembre 2017, s’est distingué dans la catégorie roman 13 ans et plus.

Le héros du roman est Marc Campbell, un adolescent de Pointe-aux-Trembles qui est incarcéré à la prison au Pied-du-Courant en 1838 après être devenu un Patriote. Isolé des autres Patriotes emprisonnés,  persuadé qu’il sera bientôt pendu, le jeune homme angoisse.

« Je ne voulais pas écrire ce livre, avoue l’auteure d’une vingtaine de romans. J’étais sur un autre projet de trilogie adulte. Mais j’ai lu dans votre journal [NDLR: l’Avenir de l’est] une ligne qui mentionnait son existence, et ça ne m’a plus quitté », raconte la fondatrice et présidente du regroupement d’artistes Point’Arts.

Elle a résisté, en vain. « J’avais beau tasser Marc, il me dérangeait. J’étais poursuivie par ce personnage qui était trop fort. Je me suis dit que j’aller régler son cas et le coucher sur papier. Et l’écriture a jailli. »

En quête de vérité

L’histoire de ce Patriote, ami du fils de Louis-Joseph Papineau, est peu connue. Pour bien cerner le personnage et le contexte historique, l’auteure a dû fouiller dans les manuscrits et les affidavits d’époque, et affirme sortir de l’aventure avec une meilleure connaissance du Québec. Pas question pour Sylvie Brien de se contenter des récits officiels.

« On raconte toujours l’histoire des gagnants dans les livres d’histoire. En faisant ma recherche, j’ai appris qui étaient vraiment les Patriotes. C’est une révolution ratée, et on ne parle pas de nos échecs. » -Sylvie Brien

Pensionnats autochtones, Templiers, camp d’internement en Abitibi, la notaire de formation aime s’attaquer aux tabous de l’histoire en montrant l’envers du récit officiel.

« Je suis adoptée, confie l’écrivaine. C’est peut-être pour cela que je cherche autant des vérités qui ne sont pas connues. Il faut que je sache, que la vérité soit mise noir sur blanc. »

Une renaissance pour l’œuvre

Si elle se dit surprise de recevoir le prestigieux prix de l’AQPF, celle qui se dit apolitique se réjouit de voir son œuvre connaître un regain de vie dans les écoles.

Des exemplaires d’un roman récipiendaire de ce prix se retrouvent habituellement dans toutes les écoles secondaires et servent d’outil pédagogique.

« Un professeur m’a dit que le livre devait devenir un incontournable des cours d’histoire. Un autre m’a confié qu’il avait plu à des élèves masculins qui habituellement n’aimaient pas lire, affirme Sylvie Brien avec un sourire gêné qui trahit son humilité. En tant qu’écrivain, ça me fait du bien de me faire dire des choses comme ça. »

Son roman ne se retrouve toutefois pas dans les grandes chaînes de libraires, se désole-t-elle, soulignant qu’il est difficile pour un auteur québécois de faire sa place.

« Mais peut-être que ça va changer avec ce prix », espère-t-elle.

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