Des sept résidences privées pour personnes âgées que compte les territoires de Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est (PAT-ME), quatre ne disposent pas d’un système de gicleurs. Une situation qui, au lendemain de la tragédie de l’Isle-Verte, soulève bien des questions quant à la sécurité incendie dans ces établissements.

La question des gicleurs est à l’avant-plan depuis la tragédie de la résidence du Havre à L’Isle-Verte. Seule une partie de l’établissement était munie de ce type de dispositif. Au moment de mettre sous presse, le dernier bilan de la Sûreté du Québec (SQ) faisait état de 16 morts et 16 disparus.

Près d’un an avant la tragédie, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, faisait part de son inquiétude en raison du manque de gicleurs dans les résidences privées pour aînés.

« Faut-il attendre qu’on ait un drame, M. le Président, avant d’implanter des règles claires pour les résidences qui accueillent des gens en perte d’autonomie? », avait-il demandé à l’Assemblée nationale en février 2013.

Du même souffle, il avait mentionné que les nouvelles règles pourraient prévoir la présence de gicleurs. Or, le nouveau processus de certification décrété depuis par Québec ne rend pas obligatoire l’installation d’un tel système d’arrosage.

Or, le nouveau processus de certification décrété depuis par Québec ne rend pas obligatoire l’installation de gicleurs. Les établissements doivent par contre établir un plan de sécurité qui doit inclure entre autres des mesures d’évacuation en cas d’incendie.

Gicleurs : oui mais…

Selon Louise Desrosiers, chef de section à la prévention au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), un système de gicleurs peut aider à sauver des vies, mais ce n’est pas la panacée.

« La fonction première de ce dispositif est de ralentir et de confiner l’incendie pour donner un peu plus de temps à l’évacuation. Mais il faut comprendre que ce n’est pas le feu en tant que tel qui va tuer les gens, mais plutôt la fumée. Il peut y avoir énormément de dégagement de fumée avant même que le premier gicleur ne se mette en fonction. »

Selon Mme Desrosiers, le délai raisonnable d’évacuation varie en fonction du genre de bâtiment et du type de clientèle qui le fréquente. En moyenne, elle doit pouvoir s’accomplir entre huit et 11 minutes. Le temps de réponse des pompiers, quant à lui, est de l’ordre de 5 minutes, dans le cas des résidences pour personnes âgées.

« On parle de résidences pour personnes autonomes, mais certaines ont de la difficulté à se déplacer. Le ministère a des règles quant au nombre d’employés qui doivent être présents en tout temps pour aider les gens à sortir. Est-ce que celui-ci va être revu à la hausse? C’est possible. »

Prévention

Lors du processus de certification des résidences pour personnes âgées, un plan de sécurité incendie, comprenant une inspection du bâtiment, est mis sur pied. Celui-ci est révisé tous les trois ans. À Montréal, les 240 résidences se sont conformées à cette exigence.

Aider les personnes vulnérables

Afin d’aider les pompiers dans leur intervention, le SIM a mis sur pied un service où les gens peuvent signaler des personnes vulnérables (surdité, limitation visuelle, etc.). Cette base de données leur permet de les repérer et de les aider à évacuer en cas d’urgence.
Information : ville.montreal.qc.ca/sim/programme-daide-levacuation-durgence

Avec la collaboration de Frédéric Charest et Daphnée Tranchemontagne

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