Les représentants de Suncor et d’Ultramar préviennent que le renversement du flux de pétrole de la ligne 9 par Enbridge est vital à moyen terme pour la pétrochimie dans l’Est.

Rappelons que la compagnie Enbridge a dans ses cartons le projet de renverser le flux de la ligne 9 afin d’acheminer jusqu’au Québec le pétrole des sables bitumineux albertain. Le raffinage de ce pétrole nécessitera toutefois des investissements importants sur les installations québécoises, investissements que les pétrolières semblent disposer à faire. « C’est clair qu’on veut le raffiner le pétrole des sables bitumineux et nous ne sommes pas les seuls », estime le porte-parole d’Ultramar, Michel Martin.

Suncor semble maintenant convaincu que le projet se concrétisera puisque la seule raffinerie de l’est de la métropole vient d’annoncer ses dépenses en immobilisations pour 2013. Au total, 55 M$ seront consacrés à « préparer la raffinerie de Montréal pour recevoir du brut de l’Ouest », peut-on lire dans le communiqué.

Pourtant, un peu plus d’une semaine avant l’annonce, le porte-parole de Suncor, Dean Dussault, avait déclaré « nous sommes très optimiste, mais il faut être réaliste. Nous ne sommes pas rendus là. »

Du côté d’Ultramar, on indique « suivre avec énormément d’attention le dossier [de la ligne 9]. Le projet aura beaucoup d’influence », maintient M. Martin

De beaux jours pour la pétrochimie

En ce moment, le pétrole raffiné dans les industries québécoises provient de l’étranger et ses prix sont basés sur le Brent. Avec l’arrivée du pétrole albertain par la ligne 9, les prix seront alors basés sur le West Texas Intermediate (WTI). Puisqu’en ce moment, les prix du Brent sont plus élevés que ceux du WTI, « les conditions ne sont pas bonnes pour importer du pétrole, admet M. Dussault. Si le projet d’Enbridge va de l’avant, cela nous donnera les moyens d’être concurrentiels ».

Même son de cloche du côté d’Ultramar qui qualifie la situation d’insoutenable. On signale toutefois qu’avec l’inversion de la ligne 9, « la raffinerie de Lévis sera en bonne position. Nous recevrons le pétrole à Montréal-Est, il sera entreposé temporairement, puis expédié par bateau à Lévis. Il n’est pas question d’utiliser le pipeline Saint-Laurent. Nous utiliserons des bateaux de plus grande capacité », raconte M. Martin. Selon lui, en l’espace d’un an, les installations pourraient être prêtes à accueillir le pétrole.

Et si le flux n’était pas inversé?

Malgré tout, rien n’est sûr quant à la concrétisation du projet de la ligne 9. Plusieurs groupes écologistes, dont Équiterre, la Fondation David Suzuki, Greenpeace et le Fonds mondial pour la nature, ont exprimé des inquiétudes. Et, en novembre dernier, l’ancien ministre de l’Environnement, Daniel Breton, avait annoncé la tenue d’une consultation publique à ce sujet.

Si le projet ne va pas de l’avant, les conséquences pourraient être désastreuses pour les raffineries québécoises, préviennent les pétrolières. « À court terme, il n’y a pas de danger, c’est plutôt à moyen terme », reconnaît M. Dussault.

Chez Ultramar, on expose que « les installations ne sont pas en jeux à court terme, mais à moyen terme. Si nous ne sommes pas capables d’avoir le pétrole de l’Ouest, elles pourraient être en péril. Nous sommes extrêmement vulnérables et il est extrêmement important de renverser le flux du pipeline », soutient M. Martin, expliquant que déjà cinq raffineries ont fermé dans l’Est. Selon lui, c’est lorsque des installations vieillissantes nécessitent des investissements et que les conjonctures économiques ne sont pas favorables que la décision de fermer une raffinerie peut être prise.

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