(Photo: Patrick Deschamps) La citoyenne Jocelyne Morency, instigatrice du groupe PAT refuse contre les compteurs intelligents qui émettent des radiofréquences.
Dès le début février, Hydro-Québec procédera à l’installation des compteurs intelligents sur l’ensemble du territoire du grand Montréal, une situation qui inquiète plusieurs résidents. À Pointe-aux-Trembles, un groupe de citoyens s’est réuni pour s’y opposer. Il s’appelle : PAT refuse.

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Jusqu’à présent Hydro-Québec (HQ) a installé près de 20 000 compteurs intelligents à Villeray, à Boucherville et dans la MRC de Memphrémagog, mais ce nombre augmentera jusqu’à 1,8 million pour le territoire montréalais, d’ici 2014. C’est du moins ce que la Régie de l’énergie a autorisé, le 5 octobre dernier. Éventuellement, ce sont 3,75 millions de compteurs qui seront déployés sur l’ensemble du territoire, d’ici 2018.

La particularité des nouveaux compteurs est qu’ils sont munis d’une antenne qui permet de communiquer les informations sur la consommation des foyers par le biais d’un réseau sans fil. (Lire aussi La révolution des compteurs).

Selon HQ, ces nouveaux compteurs, qui ne nécessitent pas la collecte d’information manuellement, permettront d’économiser 300 M$ en 20 ans. De plus, les factures seront dorénavant basées sur la consommation réelle du client, plutôt que sur une estimation, comme c’est parfois le cas.

L’opposition gagne du terrain

Jugeant les informations sur les nouveaux compteurs insuffisantes et biaisées, la citoyenne Jocelyne Morency inquiète par les radiofréquences (RF) émises par les compteurs, a décidé de s’engager dans la cause en créant PAT refuse, l’un des nombreux regroupements du mouvement « refuse » qui s’oppose à cette technologie. À Montréal, c’est « Villeray refuse » qui avait ouvert le bal, mais, depuis, Parc-Extension, Pointe-aux-Trembles et Boucherville se sont joints à la danse.

Ils ne sont pas seuls, d’autres organismes dont, Option consommateur, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et Stratégies énergétiques (SÉ) s’inquiètent des coûts additionnels qu’entraînerait cette technologie et de ses risques pour la santé.

Après plus d’un an de combat contre la société d’État, l’opposition semble gagner du terrain. En Estrie, Hydro-Magog joue de prudence et s’abstiendra d’installer des compteurs émettant des RF. La Ville étudierait la possibilité d’installer de la fibre optique sur l’ensemble de son territoire, afin d’utiliser les compteurs intelligents sans RF. Au Québec, douze municipalités ont voté des résolutions s’opposant à l’installation de ces compteurs sur leur territoire.

La situation est semblable au pays. En Colombie-Britannique, où déjà 1,8 million de compteurs intelligents ont été déployés, 59 municipalités ont refusé leur implantation, dont les villes de Vancouver et de Victoria.

Aux États-Unis aussi les opposants se font entendre. En Californie, le retrait a commencé et les résidents du Vermont opposés aux compteurs intelligents ont obtenu la possibilité de se retirer du projet gratuitement, alors qu’HQ offre l’option de retrait, en vertu de la décision rendue par la Régie, mais au coût de 137 $, en plus des 17 $ additionnels par mois.

Une volonté politique?

Le projet d’implantation des compteurs intelligents avait été mis sur pied alors que les Libéraux étaient au pouvoir à Québec. L’élection d’un gouvernement péquiste changera-t-elle la donne?

La nouvelle ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a admis que le projet est en réexamen. Elle a fait cette déclaration le 4 décembre dernier à l’Assemblée nationale, questionnée par le député solidaire Amir Khadir, à la suite du dépôt d’une pétition de 17 300 signatures par le député péquiste Léo Bureau-Blouin.

De plus, LesAffaires.com dévoilait la semaine dernière que celle qui pilotait et défendait le dossier des compteurs intelligents depuis plus d’un an, la présidente de HQ distribution, Isabelle Courville, quittait le navire « pour se consacrer à d’autres activités professionnelles ». Dès le 15 janvier, c’est donc un vice-président de HQ, Daniel Richard, qui a pris la direction de la division.

Malgré ces changements, « HQ va de l’avant. Les lettres [pour informer les clients] ont été envoyé en janvier et dès le 7 février, nous commenceront la phase 1 », explique le directeur Infrastructure de mesurage chez HQ, Georges Abiad.

Le groupe PAT refuse n’a pas encore de site Internet, mais les personnes qui voudraient s’engager dans le mouvement ou obtenir des informations peuvent contacter patrefuse@hotmail.com.

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