(Photo: pacophoto.ca) Rosaire Belley et Cédéric Millette sont voisins et tous les deux sont aux prises avec d'importants problèmes de fissures à leur résidence. Les travaux pour corriger la situation sont majeurs et très onéreux. Ils déplorent l'absence d'aide financière spécifique pour leur venir en aide.
Des murs qui se lézardent, ça n’a rien de rassurant. La Ville de Montréal ne recevait pas suffisamment de demandes d’indemnisation liée à cette situation pour conserver son programme. Pourtant, cette année, plusieurs citoyens de l’ensemble de l’île la vivent. C’est d’ailleurs le cas de plusieurs résidents de l’Est.

(En collaboration avec Daphnée Tranchemontagne)

Depuis 2000, Odette Girard demeure dans un condo de la rue Forsyth. Au cours de l’été, ses voisins et elle ont constaté que des fissures étaient apparues dans le calfeutrage des fenêtres de la façade et dans les joints de briques, situés sur les côtés et le devant de l’immeuble. Certaines de ces fissures atteignent jusqu’à un pouce et demi de largeur.

Les résidents de l’immeuble ne sont pas les seuls dans cette situation. « Sur la rue Forsyth, entre la 32e Avenue et la rue Robert Chevalier, il y a au moins trois bungalows qui sont affectés », explique Mme Girard. « J’ai reçu plusieurs appels de citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer, parce que les fondations de leurs maisons sont lézardées », confirme la conseillère Suzanne Décarie.

De l’argile sèche

Le problème serait dû au sol argileux qui recouvre une grande partie du territoire du Pointe-aux-Trembles (PAT) et Montréal-Est (VME), ainsi qu’une partie de Rivière-des-Prairies (RDP).

Tout le sous-sol de la partie habitée de VME, située au sud de la rue Sainte-Catherine, jusqu’à la 32e Avenue à PAT (à l’exception d’une petite poche riveraine, entre la 5e Avenue et le boulevard Tricentenaire) est composé d’argile. Le bout de l’île, ainsi que le Parc-Nature PAT et ses environs (jusqu’à la rue Forsyth) sont aussi argileux. Enfin, une petite portion située complètement à l’ouest de RDP est également touchée.

En période de sécheresse, l’argile se contracte, entraînant avec elle les fondations des bâtiments. Le temps chaud et les faibles précipitations de la dernière saison estivale expliquent l’apparition soudaine de lézardes.

« Ce qui est étrange, c’est qu’à l’arrière de notre immeuble, il n’y a pas de problème, fait remarquer Mme Girard. Il faut dire que tout l’été nous avons arrosé des plantes situées de ce côté. »

De son côté, l’ingénieur Alain Mousseaux explique que le devant des bâtiments est souvent plus lourd, ce qui favorise l’affaissement du devant des immeubles avant l’arrière.

La pointe de l’iceberg

Ces fissures ne sont que la pointe de l’iceberg. Non seulement elles indiquent que les fondations « travaillent », elles causent également de l’infiltration d’eau, ce qui peut causer des dommages collatéraux importants à la structure de la maison, comme de la moisissure.

Pour éviter que la situation ne dégénère, il est primordial d’effectuer les réparations nécessaires avec diligence. Plusieurs options s’offrent alors aux propriétaires : pieuter, c’est-à-dire creuser pour installer des pieux qui s’appuient sur une base solide, ou creuser un sous-sol. Deux solutions très coûteuses qui font rapidement grimper la facture à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

« Nous avons fait faire plusieurs soumissions. Les coûts sont entre 60 000 $ et 110 000 $ », raconte Mme Girard.

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