Il est 8 h 45, le 18 septembre. L’heure de pointe est passée, pourtant une dizaine de personnes se sont massées sur le trottoir, au pied de l’arrêt 53622, à côté du Centre Roussin à Pointe-aux-Trembles. Ils attendent l’autobus 86, la première étape de leur périple à travers l’arrondissement. Tous doivent être à l’heure pour la séance du conseil d’arrondissement qui se tient à 10 h au Centre récréatif de Rivière-des-Prairies.

La mairesse Chantal Rouleau, les conseillers Caroline Bourgeois, Gilles Déziel et Mario Blanchet ainsi que la chef de l’Opposition à la Ville, Louise Harel, et quelques journalistes sont du voyage. L’autobus 86 arrive enfin, billet à la main, tous prennent place à bord, mais les passagers font face au premier obstacle : comprendre les itinéraires. L’autobus ne va pas dans la bonne direction!

Rapidement l’équipage évacue l’autobus et se retrouve sur le trottoir d’en face à attendre l’autobus à nouveau. À 9 h 01, le manège recommence. Tout le monde à bord et c’est parti… prochain arrêt, le boulevard Maurice-Duplessis à Rivière-des-Prairies. « Si nous sommes en retard pour un transfert, tout le trajet est remis en question et nous serons en retard pour le conseil », fait remarquer Mme Bourgeois.

À l’intérieur, le chauffeur Mario Bellerose se veut rassurant « si on planifie bien son déplacement, il n’y a pas de problème ». À peine le temps de discuter de transport en commun avec les élus (voir autre texte) que déjà les 20 minutes sont écoulées et qu’il faut débarquer. L’autobus repart donc pratiquement vide, comme elle était à notre arrivée.

Le transport de main-d’œuvre

En attendant l’autobus 48, une odeur de putréfaction flotte dans l’air. Elle provient de l’usine de récupération de carcasses d’animaux, Sanimax, qui est à proximité. Le conseiller Blanchet en profite pour aborder le thème du transport de la main-d’œuvre.

« Quand on rencontre les représentants des entreprises, l’accessibilité aux transports est un gros enjeu. Les employés des shops gagnent 10 $ à 15 $ de l’heure. Quand ils doivent prendre l’autobus, parfois, ils aiment mieux rester chez eux, explique-t-il. Il est très important d’offrir des transports surtout dans nos parcs industriels pour favoriser la rétention des employés. »

« Les entreprises ont de la difficulté à garder leurs employés à cause des problèmes de transport en commun. Les gens ne travaillent pas seulement de 9 h à 5 h », ajoute Mme Rouleau.

Vers Henri-Bourassa

Enfin! L’autobus 48 arrive, presque vide aussi. Le petit groupe y monte pour débarquer quelques coins plus loin. Puis c’est l’autobus 49 qui nous embarque avec plusieurs passagers à son bord. À l’intérieur, Nalisha Felix, une étudiante du Collège Maisonneuve, résidente du bout de l’île et habituée des transports en commun y prend place. Elle se rend au métro Henri-Bourassa. Pour elle, le problème avec les autobus dans l’Est est l’espace. « Il faudrait agrandir les autobus. À certaines heures, le soir et le matin, les autobus sont très pleins », assure-t-elle.

Un peu plus loin, un travailleur se rend aussi au métro. Henri Lavoie croit que, non seulement, le service ne s’est pas amélioré, mais il s’est détérioré. « Quand je finis de travailler tard et que je prends le dernier métro, je manque le dernier autobus alors, je dois prendre un taxi », explique-t-il.

Il est 9 h 45, le groupe arrive à destination. Le trajet a été plus long qu’en voiture, mais au bout du compte, les conversations ont été enrichissantes. « En plus de favoriser le développement économique et la protection de l’environnement, le transport en commun est bon pour la santé, car ça permet aux gens de marcher une demi-heure. Au lieu de rager dans leur voiture, les citoyens peuvent socialiser », estime la mairesse Rouleau.

Vers le centre-ville

Un peu plus tard, vers la fin de la semaine, Mme Bourgeois a participé à une course organisée par la Première chaîne de Radio-Canada. En partant de Pointe-aux-Trembles, elle devait se rendre jusqu’au centre-ville le plus rapidement possible afin d’arriver avant Yves Désautels, qui était quant à lui dans sa voiture. Malgré que ce dernier ait fait des détours en raison d’un chantier de construction, sa voiture est arrivée dix minutes avant l’autobus. Le trajet de Mme Bourgeois a donc pris 50 minutes pour franchir une vingtaine de kilomètres.

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