Il était attendu, le voici enfin, le nouvel organisme Au pignon de l’Est a officiellement été lancé le 2 mai. Conçu par les familles et pour les familles, l’organisme s’est donné comme mandat de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

« Les familles qui se sont engagées dans le projet voulaient vraiment une prise en charge de leur vie personnelle en tant que famille, mais aussi une prise en charge plus concrète dans leur milieu », a expliqué l’initiatrice du projet, Nathalie Laporte.

Il faut dire que les organismes pour les personnes démunies se font rares à Montréal-Est. « Plusieurs familles vivent particulièrement dans cette situation de pauvreté et d’exclusion sociale; plusieurs d’entre elles doivent donc disposer de ressources spécifiques pour les encadrer et leur faciliter l’accès au programme adapté à leurs besoins, ce qui leur permettra de progresser vers une meilleure autonomie et une pleine participation à la vie sociale et citoyenne », a déclaré le maire, Robert Coutu.

Un projet inclusif

Initialement, l’organisme avait été créer pour venir en aide aux familles résidentes à l’ouest de Montréal-Est, dans le secteur de la coopérative d’habitation sur l’avenue Georges V. « Cette initiative part vraiment d’un groupe de parents de la coop qui avait le goût de s’investir dans le milieu », a raconté Mme Laporte.

Mais des voies s’étaient levées pour demander que les services soient offerts à toute la population de Montréal-Est. Puis en décembre 2011, l’organisme avait obtenu un financement non récurrent de 56 465 $ afin de s’occuper de toutes les familles de Montréal-Est.

Cette somme provenait d’une entente datant de 2009 entre la Ville de Montréal et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Ce dernier avait donné une enveloppe budgétaire de 24 M$ sur trois ans, répartie entre les arrondissements et les villes liées selon un indice de défavorisation. Puisqu’aucun organisme n’avait déposé de projet, c’est donc Au pignon de l’Est qui a obtenu les fonds pour les trois années.

Bien que Mme Laporte avait d’abord semblé hésitante à ouvrir son projet à tous les Montréalestois; cette fois, c’est elle qui a suggéré que la mission de l’organisme pourrait être revue afin d’être encore plus inclusive. « La mission principale du Pignon de l’Est est de promouvoir les intérêts et les développements des familles de Montréal-Est, mais on devra s’ouvrir au milieu, on n’est pas encore ajusté, mais on va changer la charte » a-t-elle annoncé lors du lancement.

À la suite de cette annonce, des citoyens qui se sont inquiétés que le projet ne soit trop inclusif, craignant que le financement accordé pour les Montréalestois soit utilisé pour offrir des services aux Montréalais.

« Nous, on veut principalement s’implanter et s’investir à Montréal-Est. Par contre, nous avons rencontré d’autres élus qui nous ont suggéré fortement de ne pas fermer la porte à plus d’ouverture sur tout le secteur Est », a répondu Mme Laporte. Selon elle, l’ouverture pourrait permettre de créer des liens bénéfiques pour son organisme.

Malgré tout, Mme Laporte a tenu à rassurer les citoyens : « les familles de Montréal-Est seront priorisées, mais il y a déjà des gens de Pointe-aux-Trembles qui ont frappé à nos portes. Notre projet en est un d’implication sociale alors je vois mal comment nous pouvons leur fermer la porte ».

Un autre aspect incite l’organisme à s’ouvrir au milieu, « si l’école secondaire Pointe-aux-Trembles nous demande d’aller animer pour des enfants qui sont peut-être aussi de Montréal-Est, c’est difficile de trancher au couteau », a conclu Mme Laporte.

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